Bruxelles, 13/12/2001 (Agence Europe) - Georges Jacobs, Président du Patronat européen (Unice) et Gui de Vaucleroy, Président de la Fédération des Entreprises de Belgique (FEB), ont présenté le 7 décembre, à l'issue de la réunion semestrielle du Conseil des présidents de l'Unice, une déclaration sur les priorités et les attentes des milieux d'affaires pour le Conseil européen de Laeken. Suite au net ralentissement de l'économie, les réformes promises au Sommet de Lisbonne sont donc plus cruciales que jamais, estiment les milieux d'affaires, qui demandent également que toutes les mesures soient prises pour achever le marché intérieur et éviter les distorsions de concurrence. Enfin, selon le patronat européen, l'introduction imminente de l'euro arrive à un moment favorable et pourra servir de levier à la reprise en galvanisant la confiance des consommateurs, pour autant que soient organisées des campagnes de sensibilisation et d'informations « ciblées et intensives ». Voici les trois lignes de forces de la Déclaration:
« Relancer les réformes de Lisbonne: davantage de libéralisation, de meilleures législations »: selon l'Unice, il faut revitaliser le processus, engager davantage de réformes structurelles, simplifier la réglementation et promouvoir l'innovation (notamment grâce à l'adoption d'un brevet communautaire attirant et compétitif). En matière d'emploi, l'Unice met en garde les gouvernements contre la tentation d'introduire de nouvelles réglementations qui entraveraient les restructurations et freineraient la reprise de la croissance. Dans l'optique du plan d'action de la Commission européenne sur une meilleure réglementation, le patronat européen demande une évaluation minutieuse des conséquences économiques, sociales et environnementales qu'impliqueraient les propositions envisagées.
« Elargissement: davantage d'efforts malgré les progrès : l'Unice se positionne clairement en faveur de l'élargissement et salue les efforts déjà accomplis par les pays candidats pour satisfaire les critères d'adhésion. Néanmoins, une bonne préparation fait partie du « bon sens », indique M. Jacobs. L'Unice appuie, dans cette optique, les recommandations adressées par la Commission aux pays candidats et estime que des efforts supplémentaires devraient être fournis dans quatre domaines: lutte contre la corruption, amélioration du dialogue entre entreprises et gouvernements, poursuite des réformes structurelles et des privatisations et quelques aspects particuliers du marché unique (circulation des marchandises, propriété intellectuelle, marchés publics et aides d'Etat).
« L'avenir des milieux d'affaires en Europe est tributaire de la qualité législative et de la volonté politique »: l'Europe est appelée à se montrer plus ambitieuse dans le contexte d'une économie de plus en plus mondialisée, à encourager l'esprit d'initiative et la libre entreprise et, pour ce faire, à se doter d'une législation de meilleure qualité lui permettant de prendre rapidement et efficacement les décisions ayant un impact sur les milieux d'affaires.
« Nous devons être plus compétitifs », c'est la seule et unique réponse au processus de globalisation, a conclu M. Jacobs. L'Unice a profité de l'occasion pour annoncer officiellement le lancement du deuxième « European Business Summit » qui se tiendra du 6 au 8 juin 2002 à Bruxelles sous le thème « Entrepreunariat et développement soutenable dans une Europe élargie » auquel participeront des représentants des Institutions européennes et des milieux d'affaires européens.
Viabilité des retraites: recommandations de l'Unice à l'UE
Par ailleurs, l'Unice a publié le 11 décembre un document stratégique sur la viabilité des retraites dans lequel elle lance un appel aux chefs d'Etat et de gouvernement réunis au Sommet de Laeken les 14 et 15 décembre pour donner "un élan fort aux réformes des retraites". Pour l'Unice, le fait que les réformes sont clairement de la responsabilité nationale n'exclut pas une action au niveau européen dans ce domaine. Ceci doit être étayé et complété par des mesures pertinentes au niveau de l'UE, précise l'Unice, en: a) assurant une certaine coordination des politiques nationales macro-économiques, de l'emploi et de réformes des retraites (intégrer dans les GOPES une stratégie claire de réponse au vieillissement de la population, promouvoir des marchés de travail performants et flexibles par la stratégie européenne de l'emploi, suivre l'évolution des réformes nationales des retraites); b) prenant les mesures nécessaires pour achever le marché intérieur des services financiers et en résolvant les questions de mobilité transfrontalière (libéraliser l'offre transnationale des retraites complémentaires et supprimer les obstacles à la mobilité des travailleurs). Le document est disponible sur le site http: //http://www.unice.org