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Bulletin Quotidien Europe N° 8087
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/bce

En raison de la chute des pressions inflationnistes, la BCE a baissé ses taux directeurs d'un demi point - Dorénavant, la BCE prendra ses décisions sur les taux seulement une fois par mois

Bruxelles, 08/11/2001 (Agence Europe) - Le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) a décidé le 8 novembre de baisser de 0,50 point de pourcentage ses principaux taux d'intérêt. Le principal taux directeur de la BCE, le taux de soumission minimal appliqué aux opérations principales de refinancement, est ramené de 3,75% à 3,25%, son plus bas niveau depuis février 2000. Cela porte la réduction des taux de la BCE à 1,50 point de pourcentage depuis le début de l'année. Le taux d'intérêt de la facilité de prêt marginal et celui de la facilité de dépôt ont été fixés respectivement à 4,25% et à 2,25%. La BCE a estimé que le niveau actuel de ses taux d'intérêt continue d'être approprié pour assurer une bonne perspective de stabilité des prix à moyen terme.

Lors d'une conférence de presse, le Président de la BCE, Wim Duisenberg, a justifié la décision du Conseil des gouverneurs notamment par le fait que les « pressions inflationnistes ont continué à diminuer ». « Nous pouvons maintenant nous attendre à ce que la stabilité des prix (…) passe sous les 2% en début d'année prochaine », a-t-il précisé. Il a aussi mis l'accent sur la faiblesse de l'activité économique dans la zone euro, prévoyant que la croissance « sera faible dans la deuxième moitié de 2001 ». Le ralentissement de la croissance du PIB en Europe est accentué par « le contexte d'une faiblesse durable de l'économie mondiale qui pèse sur la demande d'exportations de la zone euro » et par « la forte incertitude » résultant des attaques terroristes. Cette incertitude pourrait avoir pour effet de « retarder les activités d'investissement, voire d'exercer une influence négative sur la croissance de la consommation privée dans la zone euro », a expliqué M. Duisenberg, qui s'attend à ce que croissance européenne « reste en dessous de son potentiel pendant une partie de l'année prochaine ».

Cependant, il a estimé qu'il existait de bonnes raisons pour attendre une reprise de l'activité en 2002 et une croissance qui « retrouverait un niveau plus satisfaisant ». Selon lui, « l'incertitude qui plane actuellement sur l'économie mondiale devrait se dissiper, et il n'existe pas de déséquilibres majeurs dans la zone euro qui nécessiteraient un ajustement à long terme ». Et d'ajouter que les politiques économiques « maintiennent le cap de la stabilité des prix, de l'assainissement budgétaire, de la modération salariale et de la réforme structurelle », et devraient bénéficier des effets des réductions d'impôts et des conditions favorables de financement.

Quant à l'évolution des prix dans la zone euro, les développements récents « confirment nos attentes antérieures d'un ralentissement progressif de l'inflation, étant donné la baisse des prix de l'énergie et l'absence de nouveaux chocs sur les prix des produits alimentaires », a dit M. Duisenberg. Ce dernier a par ailleurs identifié deux facteurs qui font qu'il existe moins de risques de dérapage concernant les salaires: - le ralentissement de l'activité économique qui devrait permettre d'enrayer la pression inflationniste provenant du marché de l'emploi ; - l'augmentation de l'inflation des prix à la consommation semble avoir été temporaire. Concernant le premier pilier de la politique monétaire, il ne s'est toujours pas inquiété de la nouvelle accélération de la croissance de la masse monétaire M3 en septembre, qui s'expliquerait par le fait que les investisseurs ont préféré se tourner davantage vers les liquidités sur des marchés financiers encore fébriles.

La BCE a annoncé que, dorénavant, elle prendra ses décisions sur ses taux seulement une fois par mois (lors de la première réunion du mois) au lieu de deux fois. Lors de la seconde réunion du mois, elle examinera essentiellement les questions liées à d'autres tâches et responsabilités (systèmes de paiement et de surveillance). Prié de s'expliquer sur ces changements, M. Duisenberg a dit: « nous avons l'impression que les réunions bimensuelles produisent toutes les deux semaines une spéculation et une volatilité croissante sur les marchés de changes et de taux, plus que ce ne serait le cas si le rythme des réunions était moins soutenu ».

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