Bruxelles, 08/11/2001 (Agence Europe) - Le long débat sur l'augmentation de l'aide publique au développement des Etats membres a largement retardé les travaux du Conseil Développement, mais ses conclusions ont été présentées comme l'avancée majeure de cette session. "Nous avons demandé à la Commission d'entrer dans un dialogue avec les Etats membres pour convenir avec eux de leurs démarches futures pour parvenir à l'objectif d'assigner 0,7 % de leur PNB à l'APD et leur demander d'établir un calendrier", a déclaré le Président du Conseil Eddy Boutmans, pour qui cette décision est de bon augure pour un rôle actif de l'Union à la conférence de l'ONU sur le financement de l'aide (Mexique, mars 2002) et au Sommet mondial pour le développement durable (Johannesburg, septembre 2002). "C'est le résultat le plus saillant et clairement une victoire politique", a déclaré le Commissaire Poul Nielson, satisfait que "l'Union s'organise pour trouver les moyens de s'approcher de l'objectif assigné aux pays industrialisés". En outre, l'échange de vues informel sur la situation humanitaire en Afghanistan a confirmé les conclusions du Conseil lors de sa réunion extraordinaire du 10 octobre. Selon MM. Boutmans et Nielson, les critiques formulées au premier rapport sur l'aide extérieure la Communauté étaient "constructives" et permettraient sans aucun doute d'améliorer un document « encore loin d'être parfait », mais indispensable pour évaluer les progrès. L'échange de vues avec le Président de la Banque mondiale William Wolfensohn, à la veille de la session, a permis au Conseil d'indiquer qu'il partage la même préoccupation, à savoir que l'après 11 septembre et la crise économique mondiale pèsent surtout sur les pays les plus pauvres. Le Conseil a utilement progressé sur tous les autres dossiers. Voici un aperçu des premiers résultats (EUROPE reviendra sur les autres résultats).
Mise en œuvre de la politique de développement
Rapport annuel 2000: le Conseil a discuté du premier rapport annuel de la Commission sur l'aide extérieure de l'UE dans le cadre de la réforme de la gestion de l'aide, et les ministres ont apprécié la publication de ce document qui, selon eux, a le mérite d'exister même s'il présente encore des lacunes (notamment sa présentation tardive et l'absence d'une approche sectorielle du développement: éducation, santé…). Ses conclusions demandent à la Commission de remédier à ces lacunes dans le prochain rapport et de proposer des indicateurs permettant une évaluation plus qualitative de l'aide.
Défis de l'aide liés à la situation actuelle: le Conseil a eu un long échange de vues sur le financement de l'aide publique au développement en vue de la conférence de l'ONU (Mexique, mars 2002). Une ligne de partage s'est dessinée entre les délégations qui souhaitaient fixer dès à présent un calendrier pour que les Etats membres atteignent l'objectif de 0,7% (Suède, NL, DK, Luxembourg l'ont déjà atteint, l'Irlande a indiqué qu'elle le fera en 2007, l'Autriche qu'elle s'en approcherait dans les années à venir) et les délégations partisanes d'en référer d'abord à leur ministre des Finances (France, Espagne, Royaume-Uni, Allemagne). Les conclusions adoptées sont un compromis. Elles réaffirment l'engagement d'atteindre l'objectif (confirmé par le Sommet de Göteborg), et soulignent que le Conseil explorera tous les moyens de progresser avant le Sommet du développement durable (Johannesburg, septembre 2002).
Aspects spécifiques de la politique de développement
Mesures prises et à prendre par la Commission pour satisfaire l'objectif de réduction de la pauvreté: le Conseil a adopté des conclusions saluant le document de la Commission , soulignant le rôle à jouer par les bénéficiaires de l'aide et invitant la Commission à: - améliorer la méthode d'allocations des ressources, intégrer les objectifs de réduction de la pauvreté dans les documents de stratégie par pays; - maximiser l'effet sur la pauvreté des programmes communautaires dans les six domaines d'intervention prioritaires identifiés en novembre 2000 ; - centrer les interventions de la Commission sur la réduction de la pauvreté.
Education au développement et sensibilisation de l'opinion publique européenne: le Conseil a adopté une résolution qui salue le document de réflexion de la Présidence, encourage l'UE à poursuivre son soutien aux initiatives des ONG, souligne l'importance du "commerce équitable", invite la Commission à renforcer ses actions d'information et à réaliser régulièrement des sondages d'opinion auprès des citoyens de l'Union et des pays candidats afin d'orienter l'éducation au développement vers les groupes les moins sensibilisés à la question. La Commission est invitée à évaluer si des actions de sensibilisation pourraient être prévues dans le cadre de la ligne budgétaire sur le co-financement des ONG et de ses programmes dans les pays en développement.
Intégration de l'égalité hommes/femmes dans la coopération au développement: le Conseil a adopté des conclusions qui saluent la stratégie d'action proposée par la Commission et demandent à celle-ci de se fonder sur des données ventilés par sexe et sur des indicateurs vérifiables pour suivre les progrès réalisés.
EUROPE reviendra sur les autres résultats du Conseil .