Ancien ministre français aux Affaires européennes et actuellement parlementaire européen (EDF), Alain Lamassoure a lancé dans 'Le Figaro" du 12 octobre "Trois idées pour Biarritz". Voici l'essentiel de son article:
1) Commission européenne. Le débat est mal engagé parce que "le vrai problème ne réside pas dans les inconvénients du nombre, mais dans ceux de la composition, un organe exécutif où chaque Etat aurait obligatoirement un représentant (solution vers laquelle on s'oriente) ferait double emploi avec le Conseil des ministres. Chacun ferait mieux de recompter les membres de son propre gouvernement (entre trente et cent) avant de critiquer le nombre de commissaires européens". Pour répondre à l'inquiétude des petits pays, qui voient dans la nomination d'un Commissaire "la garantie que leur voix se fera entendre au cœur de la machine communautaire", Alain Lamassoure suggère de réformer plutôt le système de présidence du Conseil, en remplaçant "la présidence unique, mais éphémère, par des présidences multiples, simultanées et longues", où le Conseil Finances serait présidé par un pays, le Conseil Affaires générales par un autre, et ainsi de suite.
2) Droits de vote des Etats au Conseil. "Le problème est mal posé". En se demandant s'il est "choquant" que les "petits" pays pèsent au Conseil "presque autant" que les "grands", il répond: "Non, à condition d'assurer que les décisions prises, lorsqu'elles concernent "le citoyen, sont également approuvées par le Parlement européen qui, lui, représente les peuples proportionnellement à la population: on obtient ainsi cette double légitimité qui caractérise les systèmes fédéraux" .
3) Extension de la majorité qualifiée. Si la "liste noire" des questions décidées à l'unanimité "devait rester trop longue", on pourrait "appliquer prioritairement" à ces questions la méthode des "coopérations renforcées". Ainsi, dit-il, "une formule de société européenne anonyme pourrait voir le jour entre quatorze pays, ce qui réglerait 90% du problème, et même probablement 100%, parce que le quinzième serait obligé bien vite de s'y rallier, sauf à paraître honteusement rétrograde".