Bruxelles, 13/10/2000 (Agence Europe) - La Commission européenne a informé la compagnie aérienne autrichienne Austrian Airlines (AuA) et ses partenaires de l'alliance STAR, l'allemand Lufthansa et SAS, qu'elle est gravement préoccupée par les accords de coopération qu'elles ont conclus. Ces accords lui semblent susceptibles de supprimer la concurrence sur un grand nombre de liaisons entre l'Autriche et l'Allemagne et poserait des problèmes similaires sur le marché du transport aérien entre l'Autriche et les pays nordiques.
En 1999, AuA et Lufthansa, d'une part, AuA et SAS, d'autre part, avaient notifié deux accords de coopération à la Commission demandant une exemption à l'intention des ententes; AuA faisait valoir que ces accords visaient à lui permettre de s'intégrer dans l'Alliance STAR. L'objectif des parties était la constitution d'une alliance durable en créant un système de gestion commune du trafic aérien fondé sur une étroite coopération en matière de politique commerciale et de ventes, ainsi qu'au niveau de leurs activités opérationnelles. L'accord entre AuA et Lufthansa, plus particulièrement, a donné lieu à la création d'une joint-venture à 50-50 entre les deux partenaires qui renforcera encore davantage l'intégration du trafic bilatéral entre l'Autriche et l'Allemagne. De même, la coopération entre AuA et SAS mettra en place un système de gestion commune du trafic bilatéral. Un résumé de ces deux accords avait été publié au Journal Officiel le 11 juillet 2000, en suscitant de nombreuses observations de la part de concurrents, de clients et d'agences de voyages.
La Commission a informé par lettre les compagnies de ses «doutes sérieux » à l'égard de ces accords qui ne lui permettent pas, à ce stade, d'accorder l'exemption demandée et ce pour les raisons suivantes: i) AuA et Lufthansa détiennent une part de marché cumulée de 100% du trafic aérien passagers sur la quasi-totalité des 33 liaisons directes entre l'Autriche et l'Allemagne. La concurrence d'autres modes de transport (route et train) n'existe, en outre, que dans une mesure limitée ; ii) malgré la libéralisation du transport aérien communautaire, il subsiste d'importants obstacles à l'entrée, empêchant d'autres transporteurs de pénétrer sur ce marché dans la zone Allemagne-Autriche, une argumentation similaire s'applique également au marché du transport aérien entre l'Autriche et les pays nordiques.
Dans de telles conditions, la Commission estime que les passagers n'auront plus le choix de la compagnie aérienne en ce qui concerne le trafic bilatéral. Une telle position de monopole sur les vols directs risque également de déboucher sur une hausse des prix des vols entre l'Autriche et l'Allemagne et l'Autriche et les pays scandinaves.