Bruxelles, 20/09/2000 (Agence Europe) - Ainsi qu'il a été indiqué dans EUROPE d'hier p.14, le commissaire européen à la politique de développement a dressé un bilan globalement positif de l'activité d'Echo, Office d'aide humanitaire de l'UE. En plus du bilan d'ensemble, le commissaire a répondu à certaines critiques à telle ou telle opération d'Echo.
Il a affirmé en particulier que la réaction humanitaire de l'UE à la catastrophe naturelle provoquée par l'ouragan Mitch en octobre 1998 "a fonctionné parfaitement, dans le respect du programme et du calendrier d'intervention": déblocage d'une aide initiale de 6,8 millions d'euros quatre jours après la catastrophe pour répondre aux besoins les plus urgents, envoi d'experts au Honduras et au Guatemala un mois plus tard, octroi de 9,5 Meuros en décembre 1998, puis de 16 Meuros en octobre 1999). Poul Nielson a regretté à ce propos que l'amalgame ait été fait entre cette aide alimentaire délivrée dans les délais, et le volet de l'aide concernant le programme de réhabilitation à long terme pour lequel 250 Meuros ont été planifiés avec d'autres bailleurs de fonds. « Ces activités de réhabilitation ne font que commencer. C'est vrai qu'il y a eu quelques problèmes à la Commision », a-t-il reconnu en invoquant des difficultés de coordination entre bailleurs et la crainte de la corruption dans les pays récipiendaires de l'aide (Guatemala, Honduras, Nicaragua, El Salvador) qui a conduit à la nomination d'un groupe de 7 personnes dotées de pouvoirs exceptionnels pour mettre en oeuvre la décision. Tout en jugeant inacceptable qu'il ait fallu un an pour procéder à ces nominations, le commissaire s'est félicité de cette «expérience pilote » qui inaugure une délégation de pouvoir de la Commission vers ses délégations. A propos de la crise humanitaire à Timor oriental (septembre 1999), pour laquelle Echo a dépensé 15 millions d'euros, le commissaire a souligné la rapidité de l'intervention et « l'interface satisfaisant entre l'aide immédiate et l'aide à plus long terme."
L'aide humanitaire au Mozambique inondé a fait aussi couler beaucoup d'encre. Mais là encore, selon Poul Nielson, l'aide financière initiale était prête dix jours après les pluies diluviennes, et tous les moyens nécessaires ont été mobilisés rapidement, en dépit des difficultés logistiques rencontrées. «L'envoi d'hélicoptères dans les premiers jours a permis de sauver des milliers de vies. Il est plus facile de mobiliser des cameramen que des tonnes d'eau potable, des médicaments et des équipes d'infirmières. Sensibiliser l'opinion, c'est bien, mais il faut qu'on l'informe de ce qui est possible », a fait observer le commissaire, qui a néanmoins reconnu "l'importance d'améliorer la visibilité des interventions d'Echo, sans toutefois nuire à l'efficacité."
Enfin, le commissaire a cité les «conflits oubliés » qu'Echo n'oublie pas: Afghanistan, 76 millions d'euros entre 1996 et 1999; Soudan, 52 Meuros entre 1996 et 1999; Tadjikistan, 100 Meuros entre 1994 et 1999. Poul Nielson a conclu en exprimant le souhait de consolider la coopération « qui fonctionne déjà bien » avec les Nations unies et les ONG. L'amélioration du règlement financier actuel (base juridique d'Echo) qui permet de financer des actions uniquement sur la base de projets spécifiques constitue à ses yeux un passage obligé sur la voie de cette coopération consolidée. Rappelant qu'au Kosovo, ce règlement a empêché le financement, par Echo, des activités de coordination du Haut commissariat aux réfugiés des Nations unies, le commissaire a déploré cette entrave à l'efficacité d'Echo et des travaux de la Communauté internationale. Et de lancer un appel au Conseil de l'Union pour qu'il approuve la modification du règlement, actuellement à l'examen. Une telle modification, permettrait aussi, selon lui, de mettre un terme « à la guerre des comptabilités » entre les Nations unies et Echo.