Les ministres des Finances et banquiers centraux des pays du ‘G7', réunis avec le commissaire européen à l’Économie, Valdis Dombroskis, la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, et le président de l’Eurogroupe, Kiriakos Pierrakakis, sont convenus, mardi 19 mai, de « surveiller étroitement (...), avec le soutien des organisations internationales », les effets du conflit au Moyen-Orient sur la croissance mondiale et les conditions des marchés financiers.
« Nous restons déterminés à (...) coopérer dans nos réponses politiques, lesquelles devront être temporaires, ciblées et budgétairement responsables afin de protéger la croissance, soutenir la sécurité économique et renforcer la résilience », ont affirmé les ministres des principales économies mondiales dans une déclaration commune finalisée mardi midi.
Alors que le président américain, Donald Trump, a annoncé lundi avoir renoncé à une nouvelle attaque contre l'Iran qui aurait dû avoir lieu, selon lui, mardi, et qu'un scénario inflationniste lié à l'envolée persistante des prix du pétrole bousculait, dans le même temps, le marché obligataire, le G7 'Finances' a souligné la nécessité d'une réouverture du détroit d'Ormuz.
« Tout le monde s’accorde sur le fait que la priorité absolue est de rétablir la fluidité des échanges commerciaux. Nous appelons à la réouverture des voies maritimes et à une résolution durable du conflit », a déclaré le ministre français de l'Économie, Roland Lescure, lors d'une conférence de presse.
« Le G7 est uni pour demander la réouverture du détroit, la fin des hostilités », a également assuré le ministre canadien des Finances, François-Philippe Champagne, alors que près de 1 500 navires sont bloqués par le régime islamique iranien dans le golfe Persique.
Face à une telle situation, les ministres des Finances du G7 sont convenus de « l'importance de renforcer la résilience » de leurs économies « grâce à la diversification des chaînes d’approvisionnement ».
En outre, la réunion - tenue mardi exceptionnellement en présence des ministres et banquiers centraux de l'Inde, du Brésil, de Corée du Sud et du Kenya - visait également à l'approfondissement de partenariats internationaux « mutuellement bénéfiques », à la sécurisation de l'accès aux minerais critiques, et, plus largement, à un alignement des politiques visant à favoriser une croissance équilibrée.
« Les pays présentant des déficits extérieurs importants et persistants devraient mettre en œuvre des politiques soutenant l’épargne intérieure et la consolidation budgétaire. Les pays enregistrant des excédents extérieurs importants et persistants devraient renforcer les sources internes de croissance : (...) ces politiques pourraient inclure l’augmentation des investissements, la suppression des obstacles à une productivité plus élevée, la réduction des distorsions de marché, l’amélioration des filets de sécurité sociale, la levée des contraintes pesant sur la croissance de la demande privée, ainsi que l’évitement de politiques générant des effets de débordement négatifs pour les autres pays », ont noté les ministres dans leur déclaration.
« D’un côté, la Chine accumule un excédent excessif qui augmente chaque jour ; de l’autre, les États-Unis connaissent un déficit majeur ; et l’Europe, quant à elle, n’investit pas suffisamment », a observé Roland Lescure devant la presse.
« Cette situation mine la confiance de nos citoyens dans la mondialisation et dans notre propre modèle. Ce n’est une bonne nouvelle pour aucun pays, y compris hors du G7 », a-t-il déclaré.
Désaccord de l'UE sur l’exemption américaine de sanctions sur le pétrole russe. Alors que Washington a décidé pour la deuxième fois, lundi, de prolonger pour 30 jours son exemption de sanctions sur le pétrole russe stocké en mer dans le but d'alléger la pression sur le marché des hydrocarbures, le commissaire européen à l'Économie, Valdis Dombrovskis, a estimé, a contrario, nécessaire de maintenir un régime de sanctions fort sur la Russie.
« Notre message était clair : ce n’est pas le moment d’assouplir les sanctions contre la Russie. La Russie profite malheureusement de cette guerre en Iran et bénéficie de revenus exceptionnels », a-t-il déclaré mardi après-midi à un petit groupe de journalistes, dont Agence Europe.
En outre, le commissaire a appelé une nouvelle fois les pays du 'G7' à se mobiliser pour soutenir l'Ukraine tandis que la Commission européenne finalise les contours du prêt de 90 milliards d'euros destiné à Kiev en vue d'un décaissement à la mi-juin.
Minerais critiques. Les ministres sont convenus de renforcer leur coopération pour sécuriser et diversifier les chaînes d’approvisionnement en minerais critiques, en s’appuyant notamment sur l’Alliance du G7 pour la production de minerais critiques lancée sous la présidence canadienne et sur le partenariat RISE ('Resilient and Inclusive Supply-chain Enhancement') initié sous la présidence japonaise de 2023, afin de mobiliser davantage d’investissements publics et privés et de réduire les dépendances stratégiques.
Voir la déclaration du 'G7' sur l'état de l'économie mondiale : https://aeur.eu/f/lyv
Voir la déclaration sur l'Ukraine, la diversification des chaînes d'approvisionnements et les partenariats : https://aeur.eu/f/lyw
Et les lignes directrices visant à renforcer la mobilisation des ressources publiques intérieures dans les pays partenaires : https://aeur.eu/f/lyx (Bernard Denuit)