Réagissant à la chute du gouvernement d'Ilie Bolojan en Roumanie provoquée par une motion de censure déposée par le Parti social-démocrate (PSD) et appuyée par le parti d'extrême droite Alliance pour l'unité des Roumains (AUR), le Parti des socialistes européens (PSE) a apporté son soutien à son membre roumain, mardi 5 mai, appelant à la formation rapide d'« un gouvernement pro-européen ».
D'après le PSE, le futur gouvernement roumain devra « placer l'équité sociale au cœur de son programme, en donnant la priorité aux investissements publics, en renforçant la protection sociale » et en s'éloignant « des politiques d'austérité pour éviter que les inégalités ne s'aggravent ».
« Il ne s'agit pas simplement d'accords politiques, mais de protéger les citoyens de l'incertitude économique, de renforcer l'équité sociale et de restaurer la confiance dans les institutions démocratiques », a déclaré le Secrétaire général du PSE, Giacomo Filibeck, dans un communiqué.
Soutenue par 281 voix sur les 233 nécessaires, la motion de censure avait été déposée pour s'opposer aux mesures du gouvernement de coalition, auquel appartenait le PSD. Ces mesures sont destinées à respecter les engagements budgétaires pris par Bucarest dans le cadre de la procédure pour déficit excessif ouverte à l'encontre de la Roumanie.
Malgré un déficit situé à 7,9% du PIB national en 2025, la Roumanie a évité la poursuite d'un dialogue macroéconomique qui aurait pu aboutir à la suspension de fonds européens, après avoir pris l'engagement de consolider ses finances publiques (EUROPE 13740/16). À ce stade, la Commission européenne espère toujours que les autorités roumaines appliqueront le budget roumain pour 2026.
Au Parlement européen, Siegfried Mureșan (PPE, roumain) a fermement condamné l'alliance entre les partis PSD et AUR ayant fait chuter le gouvernement 'Bolojan', la qualifiant d'« anti-européenne ».
La Parti vert européen (PVE), lui aussi, a estimé que les sociaux-démocrates roumains, en coopération avec l'extrême droite, avaient franchi « une ligne rouge que s'était lui-même fixée le PSE ». « Lorsqu'ils coopèrent avec l'extrême droite, même pour des raisons tactiques, les partis au centre de l'échiquier politique renforcent les forces qui affaiblissent la démocratie et l'Union européenne », a déclaré l'Irlandais Ciarán Cuffe, coprésident du PVE. Il a rappelé que de telles alliances, déjà expérimentées par le Parti populaire européen, « érodent les principes démocratiques fondamentaux ». (Mathieu Bion)