login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 13862
Sommaire Publication complète Par article 11 / 31
ACTION EXTÉRIEURE / États-unis

Accord de 'Turnberry' – à la veille de négociations interinstitutionnelles sur l'accord, les Européens restent divisés sur la marche à suivre

En amont de nouvelles négociations interinstitutionnelles (trilogue), mercredi 6 mai, sur le compromis commercial, dit accord de 'Turnberry', conclu avec Washington l'été dernier, l'Union européenne cherche à éviter une nouvelle escalade tarifaire américaine, tout en affichant des divergences sur la stratégie à adopter.

Alors que l'administration de Donald Trump menace de relever à nouveau les droits de douane sur le secteur automobile européen (EUROPE 13861/14), un consensus semble émerger sur la nécessité de sécuriser rapidement l'accord. Reste à savoir à quelles conditions.

La Commission européenne continue de privilégier l'apaisement et réaffirme sa volonté de mettre en œuvre l'accord de 'Turnberry' dans les termes convenus, tandis qu'une partie du Parlement européen plaide pour une ligne plus ferme face aux menaces de la Maison-Blanche. Le Parlement a déjà donné un feu vert de principe à l'accord UE–États-Unis (EUROPE 13837/4), mais sa version finale doit encore faire l'objet d'un compromis avec les États membres.

La France veut dégainer le 'bazooka' commercial. En outre, le président français, Emmanuel Macron, a appelé ce mardi, en marge du sommet de la Communauté politique européenne (CPE), à activer l'instrument anti-coercition de l'Union européenne (ACI), surnommé le 'bazooka' commercial de l'UE.

Fustigeant les « menaces de déstabilisation » brandies par le président américain, Emmanuel Macron a estimé que l'Union s'était « dotée d'instruments qui devraient être activés, car c'est précisément à cela qu'ils servent ». Paris plaide pour que l'Union recoure, si nécessaire, à cet instrument commercial, dans l'hypothèse où Washington mettrait à exécution ses menaces tarifaires. L'ACI, adopté en 2023, permet à l'UE de réagir en cas de pression économique exercée par un pays tiers sur l'Union ou ses États membres. Ce mécanisme n'a jamais été activé jusqu'ici.

Le Parlement européen réclame des garanties. Selon nos informations, l’idée de recourir à l’instrument anti-coercition fait également son chemin parmi les groupes progressistes au Parlement européen. À la veille du trilogue, plusieurs eurodéputés maintiennent en parallèle leur exigence de garanties supplémentaires sur l’accord.

« Sans l'adoption de mesures de protection demain, notamment la 'sunrise clause', le trilogue ne sera pas conclusif, car le Parlement défendra très clairement sa position. Nous ne pouvons pas approuver l'accord de Turnberry sans garanties », a déclaré le président de la Délégation du Parlement européen pour les relations avec les États-Unis, Brando Benifei (S&D, italien), interrogé par Agence Europe. Le négociateur social-démocrate a insisté sur la nécessité d’aboutir rapidement à un accord, tout en exigeant des mécanismes de protection.

À droite, le ton se durcit également. « Si le trilogue de cette semaine n’aboutit pas, alors nous, en tant que PPE, soumettrons simplement [Turnberry] au vote », a averti ce mardi le chef du groupe PPE, Manfred Weber. Ce dernier menace de mettre fin aux discussions avec les États membres et de porter cette question lors de la prochaine session plénière du Parlement européen, rapporte Euractiv.

La Commission européenne maintient la ligne de l'apaisement. Face aux pressions américaines, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a défendu l'adoption du compromis politique en l'état. « Un accord est un accord, et nous en avons un », a-t-elle déclaré depuis le sommet de la CPE à Erevan, selon l'AFP. « [L'UE et les États-Unis] mettent en œuvre cet accord tout en respectant les différentes procédures démocratiques en vigueur de part et d'autre », a-t-elle complété.

Parallèlement, le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, rencontrait ce mardi le Représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, en marge d’une réunion du G7 à Paris.

Selon un porte-parole de la Commission, le commissaire Šefčovič a appelé, durant cet échange, à un retour rapide aux conditions prévues dans l'accord de 'Turnberry', à savoir un plafond tarifaire de 15%, en échange d'une réduction des droits de douane sur certains secteurs, du côté européen. La Commission européenne a déclaré qu'elle continuerait d'œuvrer pour faire avancer les discussions sur tous les points clés du texte. (Juliette Verdes)

Sommaire

SOCIAL - EMPLOI
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
GUERRE AU MOYEN-ORIENT
ACTION EXTÉRIEURE
POLITIQUES SECTORIELLES
Invasion Russe de l'Ukraine
INSTITUTIONNEL
BRÈVES