L’Union européenne et l’Arménie ont confirmé leur rapprochement, mardi 5 mai, à l’occasion de leur tout premier sommet, à Erevan.
« Le sommet marque une étape importante dans l’approfondissement du partenariat entre l’Union européenne et l’Arménie. Il témoigne des progrès significatifs accomplis ces dernières années », a souligné le président du Conseil européen, António Costa, à l’issue de la rencontre, devant les médias.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a rappelé que le partenariat s’enrichissait dans quatre domaines. Le premier est la connectivité. Ainsi, les deux parties ont signé un partenariat pour la connectivité, qui a pour objectif de dynamiser les échanges commerciaux, créer des emplois, renforcer la résilience et soutenir la stabilité régionale, selon la Commission.
Ursula von der Leyen a insisté sur les transports. « Peu de pays sont aussi bien placés que l'Arménie. Votre initiative ‘Carrefour de la paix’ a le potentiel de relier l'Europe au Caucase du Sud et à l'Asie centrale et de faire de l'Arménie une plaque tournante majeure du transport », a-t-elle expliqué, précisant que l’UE était prête à œuvrer à la reconstruction des points de passage frontaliers, dès la réouverture des frontières avec les pays voisins.
La présidente de la Commission a aussi souligné que le développement rapide de l'énergie solaire en Arménie était « remarquable », rappelant que l’UE soutenait des projets visant à renforcer l’indépendance énergétique. De même, selon elle, l'écosystème émergent de l'intelligence artificielle et de l'ingénierie en Arménie est un atout à développer.
Le partenariat pour la connectivité sera institutionnalisé par des dialogues de haut niveau sur la connectivité et sur les transports.
Le soutien de l’UE à l’économie de l’Arménie et à la résilience sociale est un autre domaine. « L’UE soutient fermement le programme de réformes socioéconomiques de l’Arménie, notamment par le biais de son assistance technique et financière », a rappelé António Costa. Selon Ursula von der Leyen, la mise en œuvre du plan de résilience et de croissance doté de 270 millions d’euros progresse bien. « Nous prévoyons désormais que ce plan permettra de mobiliser 2,5 milliards d'euros d'investissement », a-t-elle annoncé.
La présidente de la Commission a plaidé pour que des investissements privés soient réalisés dans le pays. L’UE a ainsi lancé un appel à manifestation d'intérêt, invitant les entreprises de l'UE, de l'Espace économique européen et d'Arménie à développer des projets d'investissement stratégiques. En marge du sommet ont été signées de premières lettres d'intention avec des partenaires du secteur privé sélectionnés dans les domaines des infrastructures numériques, des compétences en semi-conducteurs, des écosystèmes d'innovation et de la mobilisation des investissements privés.
Un autre axe d’approfondissement porte sur les affaires intérieures. Consciente que l’une des priorités des Arméniens est d’obtenir la libéralisation de leur visa, Ursula von der Leyen a souligné que le premier rapport de progrès était positif. « Il témoigne du travail accompli et des progrès réalisés depuis novembre dernier », a-t-elle déclaré, se disant convaincue que les Arméniens parviendront à avoir la libéralisation des visas.
De plus, l’Agence Frontex et le ministère arménien des Affaires intérieures ont signé un accord de travail dans le but de renforcer leur coopération en matière de gestion des frontières et des migrations.
Enfin, la sécurité est le dernier pilier où les relations ont été renforcées, avec notamment l’annonce, le 21 avril, de l’établissement d’une mission de partenariat (EUPM Arménie) (EUROPE 13853/12).
Au-delà de la relation bilatérale, les représentants de l’UE ont salué les progrès dans la normalisation des relations de l’Arménie avec ses voisins azerbaïdjanais et turc. « L’UE continuera de soutenir les processus de paix et de normalisation régionaux, en travaillant à vos côtés pour construire ensemble cet avenir », a promis António Costa au Premier ministre arménien, Nikol Pachinian.
Si la présidente de la Commission a estimé que la 'révolution de velours' pacifique de 2018 avait démontré l'attachement de l'Arménie aux valeurs européennes fondamentales, ni elle ni M. Costa n’ont mentionné l'objectif d'adhésion du pays à l'UE. La déclaration commune publiée à l’issue du sommet se contente de préciser que « l’UE soutient la volonté de l’Arménie d’intensifier le partenariat bilatéral par l’intégration sectorielle et le rapprochement avec l’acquis de l’UE » et qu’elle reconnaît les aspirations européennes du peuple arménien avec la 'Loi relative au lancement du processus d’adhésion de l’Arménie à l’UE' de mars 2025, qui « exprime la volonté du pays de s’orienter vers l’UE ». Nikol Pachinian a insisté sur les réformes en cours dans son pays, expliquant que la Loi était « une excellente incitation supplémentaire de relancer les réformes démocratiques et institutionnelles afin que la République d'Arménie obtienne au plus vite le statut de pays conforme aux normes de l'UE ».
Voir la déclaration commune : https://aeur.eu/f/lt2 (Camille-Cerise Gessant)