Le commissaire européen à l'Économie, Valdis Dombrovskis, a encouragé le gouvernement roumain, mardi 28 octobre à Bucarest, à « maintenir le cap » de la consolidation budgétaire afin de respecter les engagements pris à l'échelon européen, parmi lesquels une diminution du déficit public de 9,3 à « 8,4% du PIB » entre 2024 et 2025.
« De loin les plus élevés dans toute l'Union européenne », les chiffres actuels de déficit public ne sont « clairement pas soutenables », a estimé M. Dombrovskis. Il a noté les mesures « robustes » annoncées cet été par le gouvernement d'Ilie Bolojan et dont l'ampleur est de nature à s'attaquer aux « défis urgents » auxquels fait face l'économie roumaine.
La Commission européenne évaluera à nouveau, fin novembre, si la Roumanie est à même de respecter ses engagements budgétaires pour 2025. « Si cette évaluation est positive, cela permettra de mettre fin à la procédure de conditionnalité macroéconomique et, partant, d'éviter une suspension de fonds européens », a souligné M. Dombrovskis (EUROPE 13690/16).
La Roumanie fait l'objet d'une procédure pour déficit excessif ouverte avant même la pandémie de Covid-19 et qui a été relancée avec la réforme du Pacte de stabilité et de croissance. Elle s'est engagée à résorber ce déficit excessif d'ici 2030. Face au dérapage budgétaire observé, elle a initié en juillet une procédure rare, qui pourrait conduire in fine à un gel de fonds européens de cohésion.
M. Bolojan a indiqué qu'en novembre, son gouvernement tenterait de faire adopter un nouveau paquet de mesures, parmi lesquelles « des coupes dans les dépenses, une augmentation des revenus et des investissements », afin d'« assurer la stabilité budgétaire pour 2026 ». Nous voulons atteindre la cible d'un déficit « proche de 6,0% » du PIB l'année prochaine de façon à « demeurer crédibles » aux yeux de la Commission et des marchés financiers, a-t-il ajouté.
RRF. Par ailleurs, la Roumanie a demandé une révision de son plan de relance post-Covid-19, qui, si celle-ci est validée par le Conseil Écofin, lui permettra d'investir « 10 milliards d'euros » d'ici août 2026, date limite pour les dépenses dans le cadre du plan de relance européen Next Generation EU. (Mathieu Bion)