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Bulletin Quotidien Europe N° 13832
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POLITIQUES SECTORIELLES / Agriculture

Christophe Hansen écarte toute suspension du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM) pour les engrais

Lors d'un échange de vues devant la commission de l'agriculture du Parlement européen, jeudi 19 mars, le commissaire européen Christophe Hansen a écarté la possibilité d'une suspension du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM) pour les engrais.

Le commissaire à l'Agriculture a expliqué que l’Union européenne n’était pas « accro » aux engrais, mais qu’elle en était clairement dépendante, et que cette dépendance constituait une vulnérabilité stratégique majeure pour l’agriculture européenne (EUROPE 13820/7).

C’est pour cette raison que la Commission a engagé un large échange avec le secteur, associant non seulement les producteurs d’engrais, mais aussi les agriculteurs. Selon lui, il n’existe ni solution unique ni « remède miracle » pour répondre à ce problème. M. Hansen a confirmé que la Commission présentera prochainement un plan d'action européen sur les engrais. 

CBAM. Christophe Hansen a répondu aux eurodéputés favorables à une suspension du CBAM pour les engrais en mettant en garde contre une telle approche. Tout en reconnaissant que certains plaident pour cette suspension, il a rappelé que les producteurs européens d’engrais avaient investi massivement dans le captage et le stockage du carbone.

Suspendre le CBAM, selon lui, placerait ces producteurs dans une situation de désavantage concurrentiel et pourrait entraîner de nouvelles fermetures d’usines, augmentant à terme la dépendance de l’Europe à l'égard des importations.

Il a évoqué des fermetures récentes de sites de production d’engrais, notamment en Roumanie, comme un signal montrant que la situation évoluait déjà dans la mauvaise direction. À long terme, l’Union européenne devrait devenir moins dépendante des engrais d’origine fossile.

Utilisation du lisier. M. Hansen a rappelé que les agriculteurs lui font part de manière récurrente d'une incohérence majeure : ils produisaient du lisier ou du fumier sur leurs exploitations, mais doivent souvent payer pour s’en débarrasser, tout en étant contraints d’acheter des engrais d’origine fossile. Cette situation lui semble inacceptable, car elle montre clairement la nécessité de repenser certaines parties du cadre réglementaire. Il a défendu un réexamen de la directive-cadre sur l’eau et de la directive 'nitrates', en particulier dans les zones moins vulnérables du point de vue de la qualité de l’eau.

Il a également souligné que la capacité d’absorption des nutriments variait selon les types de sols, les prairies disposant notamment d’une capacité plus élevée. Cette réalité devrait, selon le commissaire, être mieux prise en compte dans la réglementation afin de permettre, si besoin, une utilisation accrue du fumier ou d’engrais renouvelables.

Christophe Hansen a mis en avant des technologies émergentes fondées sur les micro-organismes, utilisant des bactéries ou des champignons pour améliorer l’absorption des nutriments par les plantes. Bien que ces technologies en soient encore à un stade précoce de développement, des experts estiment qu’elles pourraient réduire jusqu’à 50% l’utilisation d’engrais fossiles conventionnels. Ces solutions ne dépendent pas des prix de l’énergie et pourraient être déployées à grande échelle et devenir, à terme, moins coûteuses que les engrais traditionnels. Pour Christophe Hansen, investir de manière proactive dans ces innovations est essentiel, car elles contribuent directement à l’autonomie européenne.

Prix de l’énergie. Abordant l’impact de la crise au Moyen-Orient, Christophe Hansen a admis la forte hausse des prix de l’énergie et ses répercussions directes sur les agriculteurs. Le diesel, en particulier, demeure fortement dépendant des importations, ce qui rend l’Union européenne vulnérable.

Il s'est dit très intéressé par le développement de la production de biocarburants au sein de l’UE, d’autant plus dans un contexte de prix agricoles actuellement très bas. S’il a reconnu que les biocarburants ne constituaient pas une solution unique, il a estimé qu’ils pouvaient s’inscrire dans une stratégie plus large visant à réduire les dépendances.

Lait. S’agissant du lait et des produits laitiers, M. Hansen a souligné l’existence de marchés extérieurs prometteurs sur lesquels l’Union européenne pourrait mieux valoriser sa production. Il a toutefois précisé que cela nécessite une stratégie ciblée et cohérente, s’appuyant sur des partenaires commerciaux établis et fiables. (Lionel Changeur)

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