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Bulletin Quotidien Europe N° 13832
POLITIQUES SECTORIELLES / Affaires intÉrieures

Magnus Brunner dévoile les quatre priorités stratégiques du prochain mandat d'Europol devant la commission des Libertés civiles du Parlement européen

Magnus Brunner, commissaire européen chargé de la Migration et des Affaires intérieures, a présenté devant la commission des Libertés civiles du Parlement européen, jeudi 19 mars, les axes majeurs de la future réforme d’Europol. Face à des réseaux criminels agissant comme des « multinationales » dotées de leurs propres « départements IT », la Commission entend faire de l'agence un acteur « véritablement opérationnel » dans le contexte géopolitique mondial.

Selon M. Brunner, le mandat à venir doit se construire autour de quatre priorités : - combler les lacunes informationnelles en faisant du partage de données « une option par défaut » ; - fournir un soutien opérationnel direct aux enquêteurs nationaux ; - remporter « la course à l'armement technologique » ; - renforcer la coopération avec des pays tiers. Pour soutenir ces ambitions, il propose de « doubler le budget d’Europol ».

Tomas Tobé (PPE, suédois) a rejoint le commissaire sur l'urgence d'une réponse européenne forte, soulignant que, dans son pays, « environ 600 criminels dirigent la criminalité organisée grave depuis l'étranger ». 

Sur le plan technique, Fabrice Leggeri (PfE, français) a appelé à « libérer Europol de la charge administrative » et des excès de réglementation. Il s’est particulièrement inquiété des potentielles réactions du Contrôleur européen de la protection des données qui, d’après lui, pourraient mettre « un coup d'arrêt à la coopération » entre Europol et d'autres entités.

La question du partage d'informations sensibles à une échelle transnationale reste pourtant une préoccupation importante à l'échelle même de la commission parlementaire, comme l’avaient déjà montré les échanges avec le directeur adjoint d’Europol le mois dernier (EUROPE 13815/20).

Saskia Bricmont (Verts/ALE, belge) a ainsi rappelé que toute coopération transnationale sur les bases de données doit se faire « sans miner les garanties de protection », plaidant pour « un contrôle démocratique et une surveillance renforcés », proportionnels aux nouveaux pouvoirs de l'agence. De même, Giuseppe Antoci (La Gauche, italien) s’est soucié de la préservation de « l'équilibre entre la protection de la vie privée et le travail à accomplir sur les 'chats' cryptés, mais aussi sur les cryptomonnaies ».

En réponse, M. Brunner a affirmé que l'accès des enquêteurs européens aux données personnelles était crucial pour l'efficacité des investigations. Il a également assuré que son objectif n'était pas de faire d'Europol un « FBI européen qui débarque chez vous », mais simplement de fournir un appui solide aux États membres. (Justine Manaud)

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