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Bulletin Quotidien Europe N° 13832
CONSEIL EUROPÉEN / Ukraine

Les dirigeants européens dénoncent le blocage par Viktor Orbán du prêt de 90 milliards d’euros

Les dirigeants européens ont critiqué, jeudi 19 mars, lors de leur Conseil européen, le blocage par leur homologue hongrois, Viktor Orbán, du déboursement du prêt de 90 milliards d’euros pour l’Ukraine.

Lors de la réunion, plusieurs dirigeants, dont le président du Conseil européen, António Costa, ont en effet qualifié le comportement du Premier ministre hongrois d’« inacceptable ». « Les critiques ont été acerbes. On pourrait même dire que c'était une véritable réprimande générale contre Viktor Orbán », a souligné le Premier ministre suédois, Ulf Kristersson, à l'issue du sommet.

Malgré ces critiques, M. Orbán n’a pas changé de position ni offert aucune ouverture, d'après une source diplomatique.

Les chefs d'État ou de gouvernement ont rappelé que la décision prise à l'unanimité en décembre devait être respectée. « Il s'agit d'une grave violation de la loyauté entre les États membres, qui nuit à la capacité d'agir et à la réputation de l'UE dans son ensemble », a asséné le chancelier allemand, Friedrich Merz, ajoutant que cela aurait des conséquences.

Le Premier ministre hongrois, en pleine campagne électorale, a une nouvelle fois lié le sort du prêt à celui de l’oléoduc Druzhba. « La position de la Hongrie est très simple. Nous sommes prêts à soutenir l'Ukraine dès que nous aurons récupéré notre pétrole, qu’elle bloque actuellement. (...) Tout le reste n'est que pure spéculation. Le pétrole doit arriver en Hongrie. (...) D'ici là, nous ne pouvons soutenir aucune proposition pro-ukrainienne », a-t-il prévenu.

Face au blocage hongrois et alors que le temps presse, les dirigeants ont demandé à la Commission d'examiner d'autres propositions concernant le décaissement de ce prêt, a rapporté M. Merz. La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a promis que l'UE remplirait ses engagements « d'une manière ou d'une autre » concernant ce prêt. Pour autant, une source a précisé que, pour l'heure, aucune solution ne semblait faisable « techniquement, juridiquement et politiquement ». 

« Un plan B existe », a assuré Bart De Wever, le Premier ministre belge, jugeant toutefois « imprudent d’en parler ». Une idée que le Néerlandais Rob Jetten a rejetée, « car ce serait céder au chantage d'Orbán, et c'est vraiment la dernière chose à faire ». « Je ne pense pas qu'il soit nécessaire de trop s'adapter à ceux qui ne veulent pas respecter ce qui a été convenu par tous les dirigeants », a complété la Lettone Evika Siliņa.

Voir les conclusions adoptées à 25 (sans la Hongrie et la Slovaquie) : https://aeur.eu/f/l9b (Camille-Cerise Gessant avec Solenn Paulic, Justine Manaud et la rédaction)

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