Les eurodéputés de la commission des affaires économiques et monétaires (ECON) ont fait le point, mercredi 18 mars, sur la place des normes internationales 'IFRS' de présentation des états financiers dans le cadre réglementaire européen ainsi que sur l’avenir des normes de durabilité et leur articulation avec les normes européennes. Trois responsables de la gouvernance comptable internationale étaient conviés pour l’occasion : le président de la Fondation des normes internationales d'information financière, Erkki Liikanen, le président du Bureau international des normes comptables (IASB), Andreas Barckow, et le président du Conseil international des normes de durabilité (ISSB), Emmanuel Faber.
M. Liikanen a défendu les normes IFRS comme un « bien public mondial » essentiel à la transparence des marchés et au financement de l’économie, notamment pour attirer les capitaux privés. Il s’est montré confiant au sujet de la solidité du consensus autour des normes comptables, relevant toutefois les divergences politiques persistantes sur la durabilité, notamment avec les États-Unis.
M. Barckow a insisté sur l’amélioration continue des normes et la réduction des coûts pour les entreprises, plaidant notamment pour l’utilisation de la norme IFRS pour les PME dans les réflexions européennes sur un régime simplifié.
M. Faber a mis en avant les progrès réalisés dans l’alignement entre les standards de l’ISSB et les normes européennes de reporting de durabilité (ESRS). Il a évoqué la possibilité, à terme, de permettre aux entreprises européennes de répondre aux exigences internationales directement au travers de leur reporting 'CSRD', afin d’éviter les doubles obligations, sous réserve d’une meilleure lisibilité des informations pour les investisseurs.
Les eurodéputés ont interrogé les responsables sur les risques de fragmentation des normes, la position américaine, les pistes de simplification et l’impact de l’intelligence artificielle. Si les tensions politiques ont été reconnues, les trois experts ont estimé que les marchés continuaient de fonctionner sur la base de référentiels communs, portés par les besoins des investisseurs. (Bernard Denuit)