Le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) a décidé, jeudi 19 mars, de laisser inchangés les trois taux d’intérêt directeurs de l'institut monétaire. Pour la sixième fois consécutive (EUROPE 13802/21), les taux d’intérêt de la facilité de dépôt, des opérations principales de refinancement et de la facilité de prêt marginal sont donc maintenus respectivement à 2,00, 2,15 et 2,40%.
« La guerre au Moyen-Orient a rendu les perspectives nettement plus incertaines, créant des risques à la hausse pour l’inflation et des risques à la baisse pour la croissance économique. Elle aura un impact significatif à court terme sur l’inflation via la hausse des prix de l’énergie », a toutefois averti la Présidente de la BCE, Christine Lagarde, lors d'une conférence de presse, jeudi après-midi.
« Ses implications à moyen terme dépendront à la fois de l’intensité et de la durée du conflit ainsi que de la manière dont les prix de l’énergie affectent les prix à la consommation et l’économie », a-t-elle poursuivi.
Selon les dernières projections des services de la BCE, fondées sur des analyses intégrant les évolutions observées après le début de l’opération américaine en Iran, la hausse générale des prix en zone euro pourrait s’établir en moyenne à 2,6% en 2026, avant de refluer à 2,0% en 2027 puis de s’inscrire à 2,1% en 2028.
Prévision de croissance à la baisse. Malgré une économie de la zone euro faisant preuve de « résilience », selon Mme Lagarde, la BCE a revu à la baisse sa prévision de croissance pour 2026, « reflétant les effets mondiaux de la guerre sur les marchés des matières premières, les revenus réels et la confiance ». L'institut monétaire prévoit une croissance du PIB de 0,9% en 2026, contre 1,2% estimé dans des prévisions de décembre dernier.
Face à la volatilité de la conjoncture actuelle, le Conseil des gouverneurs se tient prêt à ajuster l’ensemble de ses instruments de politique monétaire afin que l'inflation se stabilise autour de 2%.
« Nous serons particulièrement attentifs aux évolutions de l’ensemble des marchés des matières premières, aux goulets d’étranglement de l’offre, aux anticipations de prix de vente des entreprises (…), à tous les indicateurs de la demande ainsi qu’aux indicateurs de suivi des salaires », a signalé Mme Lagarde.
Voir la décision du Conseil des gouverneurs : https://aeur.eu/f/l95 ; et les dernières prévisions macroéconomiques des experts de la BCE : https://aeur.eu/f/l96 (Bernard Denuit)