La cheffe d'unité pour la Coordination de la programmation industrielle de défense à la DG DEFIS de la Commission européenne, Sylvia Kainz-Huber, a plaidé, jeudi 19 mars, pour la poursuite, dans le prochain cadre financier pluriannuel, du Fonds européen de défense (EDF).
« Le Fonds européen de défense a connu et connaît toujours un grand succès et sa stratégie devrait être poursuivie avec un budget adéquat dans le cadre du prochain CFP », a-t-elle souligné lors d'une audition en commission 'Sécurité et Défense' du Parlement européen. « Du point de vue de la recherche, nous pourrions facilement obtenir, pour les demandes et propositions des États membres, le double, voire 2,5 fois le budget nécessaire à des projets de recherche et développement réellement utiles et précieux dans le domaine de la défense », a-t-elle précisé.
Mme Kainz-Huber a expliqué que sur les 7,3 milliards d'euros disponibles au titre de l'EDF, la Commission avait engagé 6,4 milliards d'euros dans des projets conjoints de recherche et développement de défense. « Le budget disponible au titre de l'EDF a permis à ce dernier de devenir l’un des trois grands pourvoyeurs d'investissements de R&D en Europe », a-t-elle salué (EUROPE 13631/2).
« Nous comptons actuellement 224 projets de R&D collaboratifs en cours, impliquant 1 650 participants uniques », a expliqué Mme Kainz-Huber. L'appel à projets 2025 a suscité « un intérêt croissant, avec un nombre record de 410 propositions soumises, soit une augmentation de 37% par rapport aux appels précédents et une multiplication par trois depuis le lancement en 2021 ».
Et certains projets ont déjà des applications concrètes. Par exemple, un véhicule blindé léger de transport de troupes est déjà testé par certains équipages militaires de Finlande et un navire belge possède un nouveau système de lutte contre les mines sous-marines.
Alors que l'appel à projets 2026 est ouvert jusqu'en septembre, le programme de travail 2027 est déjà en discussion. « Notre objectif, dans cette perspective pluriannuelle, est de poser les bases pour la première, voire la deuxième année du prochain CFP », a-t-elle précisé.
Elle a espéré, pour les projets lancés en 2026 ou 2027, dont la durée de vie est de plusieurs années, que les États membres reviendront vers la Commission pour demander la poursuite des projets qui correspondent à leurs besoins. (Camille-Cerise Gessant)