La directrice à la direction générale de la Justice chargée de l’égalité et de la non-discrimination, Ana Carla Pereira, a présenté aux eurodéputés de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures (LIBE) du Parlement européen, lundi 23 février, la stratégie de l'Union européenne de lutte contre le racisme pour 2026-2030, présentée le 20 janvier dernier (EUROPE 13790/8).
« Depuis 2023, deux Européens sur trois considèrent que la discrimination raciale est largement répandue dans leur pays » tandis que « plus de 60% pensent que cela a trait à la couleur de la peau », a-t-elle affirmé.
Et de rappeler les conséquences économiques du racisme : « Les entraves systématiques et la discrimination raciale coûtent à l’UE 12 milliards de pertes de PIB ».
Elle a précisé que ces chiffres provenaient d’une étude commandée à l’OCDE.
La nouvelle stratégie, qui succède au plan d’action 2020-2025, vise à lutter contre le « racisme structurel » et à renforcer l’application du cadre juridique existant.
« En dépit d’un cadre législatif fort, beaucoup de personnes subissent des discriminations (…) sans pouvoir avoir un recours en justice », a-t-elle reconnu. La Commission prévoit un quatrième rapport sur la mise en œuvre de la directive 'Égalité', un examen de l’efficacité des régimes de sanctions nationaux et un suivi des « discriminations algorithmiques » liées à l’intelligence artificielle.
Interrogée sur la mise en application des mesures, Ana Carla Pereira a insisté sur le rôle prépondérant des plans d’action nationaux. « Les plans nationaux (…) sont l’outil principal », a-t-elle affirmé. Élaborés par les États membres, ces plans doivent établir des priorités, les actions et des indicateurs pour prévenir et combattre le racisme au niveau national ou régional.
Ils constituent un engagement politique et servent de base au dialogue avec la Commission. En cas de manquement au droit de l’UE, « la Commission réagit, notamment devant la Cour de justice ».
À propos des discriminations et du harcèlement en ligne. Elle a rappelé que « le DSA est un instrument précieux ». Le règlement sur les services numériques (Digital Services Act) impose aux grandes plateformes en ligne des obligations renforcées pour retirer les contenus illégaux, dont les discours de haine, et prévoit des mécanismes de contrôle et de sanction en cas de non-respect.
Aussi a-t-elle avancé que les causes de la montée des tensions étaient « multiples : exclusions sociales, instabilité économique », appelant à agir sur l’emploi, l’éducation, la santé et le logement pour « aboutir à une société plus inclusive ».
La stratégie : https://aeur.eu/f/kbl (Nithya Paquiry)