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Bulletin Quotidien Europe N° 13814
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POLITIQUES SECTORIELLES / Affaires intÉrieures

La commission des Libertés civiles au Parlement européen s'inquiète des problèmes techniques entourant le déploiement du système d'entrée/sortie

La commission des Libertés civiles au Parlement européen a eu un échange de vues, lundi 23 février, sur le déploiement progressif du 'Système d'entrée/sortie' (Entry Exit System - EES), révélant un bilan opérationnel mitigé.

Henrik Nielsen, directeur général adjoint chargé de l'espace Schengen et de la politique de visas à la Commission européenne, a confirmé que le système était entré dans sa troisième phase, avec l'obligation pour les États membres d’enregistrer « au moins 35% de tous les passages frontaliers ». À la mi-février, environ 17 millions de dossiers de voyageurs étaient déjà enregistrés.

Tillmann Keber, directeur exécutif de l'Agence européenne pour la gestion opérationnelle des systèmes d'information à grande échelle, a qualifié le lancement du 12 octobre 2025 de « grand succès », affirmant que l'EES est désormais « entièrement stabilisé ».

Cependant, les eurodéputés ont relayé de vives inquiétudes concernant l'adéquation des infrastructures en place aux besoins d'un système aussi ambitieux. Fabienne Keller (Renew Europe, française) s'est montrée soucieuse face aux incidents techniques mentionnés, notamment la « saturation de mémoire » du système central, s'interrogeant sur la fiabilité de la chaîne de transfert d'informations alors que d'autres projets, comme Eurodac, arrivent. À sa suite, Jan-Christoph Oetjen (Renew Europe, allemand) a attiré l'attention sur les potentiels « goulots d'étranglement techniques » lorsque les États membres auront la charge de tous les enregistrements.

Birgit Sippel (S&D, allemande) et Assita Kanko (CRE, belge) ont interpellé la Commission sur les « temps d'attente excessifs », déjà déplorés par les aéroports européens (EUROPE 13805/20). Les deux élues ont aussi soulevé la question sensible des échanges de données biométriques avec des pays tiers, insistant sur le droit à l'information des voyageurs concernant la finalité de leur traitement.

Lena Düpont (PPE, allemande) s'est dite « étonnée » que certains États membres ne soient toujours pas prêts malgré le délai de préparation, puisque, selon M. Nielsen, trois pays font encore face à des « problèmes techniques au niveau national ».

En réaction, M. Keber a précisé que des correctifs techniques étaient déjà mis en œuvre avec succès. De son côté, M. Nielsen a assuré le maintien d'une flexibilité supplémentaire permettant aux États de suspendre temporairement la collecte des données biométriques jusqu'à l'été afin de fluidifier les pics de trafic.

La Commission maintient l'objectif d'un déploiement complet le 10 avril 2026, date à laquelle l'estampillage des passeports devrait cesser. (Justine Manaud)

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