À l’issue d’un Conseil des Affaires étrangères lors duquel les ministres ont rencontré le Haut Représentant pour Gaza, Nikolaï Mladenov, et l'administrateur du Programme des Nations Unies pour le développement, Alexander De Croo, la Haute Représentante de l’UE, Kaja Kallas, a souligné, lundi 23 février, le soutien que l’UE pourrait apporter à Gaza.
« L'Union européenne soutient l'avenir de Gaza », a-t-elle promis.
Soulignant que Nikolaï Mladenov et Alexander De Croo avaient insisté sur l'ampleur des besoins en matière de reconstruction rapide, « compte tenu des destructions et des souffrances considérables de la population », Mme Kallas a rappelé que l’UE pouvait fournir l’aide humanitaire nécessaire. « Mais pour cela, il faut qu'elle parvienne aux points de passage et qu'elle réponde aux besoins essentiels », a-t-elle souligné. Et d’ajouter : « Il ne s'agit pas de tentes, mais de logements décents, car les tentes ne sont pas adaptées, et aussi de matériel scolaire pour les enfants. La liste est longue ».
Mme Kallas a aussi expliqué que l’UE, avec sa mission EUPOL COPPS, possédait une expérience en matière de formation de la police palestinienne. « Nous sommes prêts à collaborer avec la Jordanie et l'Égypte, mais nous avons besoin de l'accord d'Israël », a-t-elle rappelé. Une source européenne a précisé qu’Israël devait donner son accord pour que les personnes qui doivent être formées puissent quitter Gaza. À ce sujet, la Haute Représentante a estimé que le nombre de passages via Rafah, où l’UE a redéployé sa mission EUBAM, restait « insuffisant ».
Au-delà de Gaza, les ministres ont discuté des dernières mesures israéliennes concernant la Cisjordanie. « L'expansion des pouvoirs d'Israël dans cette région viole le droit international et compromet la création d'un futur État palestinien », a mis en garde la Haute Représentante. « Personne ne doit sous-estimer la gravité de ces décisions qui doivent être inversées, qui doivent être abrogées », avait estimé le ministre français, Jean-Noël Barrot, à son arrivée au Conseil.
Le ministre espagnol, José Manuel Albares, pour sa part, avait appelé à des sanctions européennes. « Nous demandons à l'UE de prendre position clairement et d'agir, tant face à la lenteur des négociations sur un accord de paix qui n'a toujours pas porté ses fruits, qu'à l'annexion lente, mais inexorable, des terres palestiniennes en Cisjordanie par des mesures inacceptables, telles que l'inscription de ces terres au cadastre israélien et la tentative d'Israël d'asphyxier économiquement l'Autorité palestinienne en retenant les impôts », avait-il souligné, rappelant que l'UE disposait des instruments nécessaires et « devait donc agir ».
En réponse, la Haute Représentante a précisé que « 26 États membres réclament des sanctions contre les colons violents. La question est sur la table depuis un certain temps, et un pays (la Hongrie, NDLR) n'est pas favorable à ces sanctions ».
Une quarantaine de députés européens appellent à des mesures. Le même jour, 45 eurodéputés des groupes S&D, Renew Europe, Verts/ALE, La Gauche et NI, condamnant « fermement » les mesures israéliennes, ont appelé la Commission européenne et les États membres « à passer des expressions de préoccupation à la mise en œuvre de mesures immédiates pour garantir l’obligation de rendre des comptes ». « L’UE doit définir et appliquer des conséquences claires en cas de violation persistante des obligations internationales, en soulignant que l’inaction normalise l’annexion de facto illégale et compromet la crédibilité des valeurs mêmes de l’Union », ont-ils ajouté.
Ces députés européens ont demandé la suspension de l’accord d’association UE-Israël et de tout autre partenariat ou instrument facilitant l’expansion des colonies et la remise en cause de l’État palestinien.
Ils ont également exigé que l'État hébreu cesse immédiatement toute action visant à une annexion de facto et abroge toutes les mesures législatives et administratives qui constituent une imposition illégale de souveraineté sur le territoire palestinien occupé.
Voir la lettre : https://aeur.eu/f/kvl (Camille-Cerise Gessant)