La Commission européenne a ouvert, mardi 17 février, une procédure formelle contre la plateforme chinoise Shein, accusée de contrevenir en de multiples aspects au règlement sur les services numériques (DSA).
La plateforme est au cœur d'une polémique depuis le 1er novembre 2025, date à laquelle les autorités françaises avaient signalé la vente de « poupées sexuelles d’apparence enfantine » sur la plateforme (EUROPE 13747/2). Si Shein a rapidement retiré les objets incriminés et suspendu les comptes des vendeurs, l'affaire n'en est pas restée là.
Le 26 février, la Commission a décidé d'envoyer une demande d'informations à la marque pour qu'elle s'explique sur ces produits illégaux, la troisième depuis la mise en place du DSA (EUROPE 13760/16).
Outre la vente de ces poupées et d'autres produits interdits, la Commission européenne dit viser le « design addictif » de la plateforme et le manque de transparence de son algorithme de recommandation de produits aux utilisateurs.
Notoirement connue pour offrir des prix cassés et des réductions massives, Shein est visée pour ses différents systèmes de 'retenue' des consommateurs sur sa plateforme, comme l'octroi de points ou de récompenses, selon l'engagement.
La Commission estime également que Shein n'a pas été capable de bien analyser et réduire les risques liés à sa plateforme.
Dans une lettre envoyée début novembre, plusieurs ministres français ont exhorté la Commission à « conduire sans délai des investigations permettant de faire la pleine lumière sur les dysfonctionnements ayant conduit à la commercialisation d’objets illégaux ». La Commission assure être en contact avec les autorités françaises, mais ne pas se concentrer uniquement sur cette affaire.
Dans une déclaration à l'AFP, Shein assure avoir renforcé ses outils de détection de produits illégaux et mis en place des mesures supplémentaires concernant les produits interdits aux mineurs, dont un dispositif de vérification d'âge.
« Nous partageons l'objectif de la Commission consistant à garantir un environnement en ligne sûr et fiable et continuerons à coopérer de manière constructive dans le cadre de cette procédure », a ajouté le porte-parole de la société.
Shein rejoint désormais ses compatriotes AliExpress et Temu parmi les plateformes sous le coup d'une procédure formelle liée au DSA. À noter cependant que la décision d'ouvrir une procédure ne préjuge pas de son issue, Shein pouvant échapper à une enquête formelle si elle fournit les garanties suffisantes face aux inquiétudes de la Commission. (Isalia Stieffatre)