Fertilizers Europe a publié, lundi 16 février, des informations visant à clarifier l’impact du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM) sur le marché européen des engrais, contredisant des données récentes jugées « incomplètes et trompeuses » (EUROPE 13808/9).
L’association rappelle que la baisse des importations observée en janvier 2026 résulte d’un afflux exceptionnel d’engrais au quatrième trimestre 2025, avant l’entrée en vigueur du CBAM. Selon les données de la Commission européenne, les importations de décembre 2025 ont atteint un niveau record de 2,37 millions de tonnes d’engrais azotés, soit environ 28% de la consommation annuelle européenne.
Selon Fertilizers Europe, l’inclusion des engrais dans le CBAM ne devrait entraîner qu’une « augmentation modeste » des prix, de l’ordre de 45 euros par tonne d’urée, soit 8% du prix à la ferme. L’association appelle à soutenir directement les agriculteurs plutôt qu’à suspendre le CBAM appliqué aux engrais.
Le marché a été perturbé non par le mécanisme lui-même, mais par les incertitudes liées à son application, dont la menace d’une suspension rétroactive, qui a créé instabilité et volatilité des prix.
L’organisation insiste sur le rôle central de la production européenne d’engrais pour assurer la sécurité de l’approvisionnement et limiter la dépendance à l'égard des importations.
Selon Fertilizers Europe, les producteurs européens offrent des engrais de haute qualité avec une empreinte carbone moyenne inférieure de 50% à celle des importations. Le CBAM vise à harmoniser le prix du carbone entre engrais importés et produits localement et à encourager les engrais à faible émission à travers l’UE, selon l'organisation.
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