En réaction à la mise hors service de l’oléoduc soviétique Druzhba, interrompant le transit du pétrole russe vers l’Europe de l’Est depuis fin janvier, une porte-parole de la Commission européenne a déclaré, mardi 17 février, que « la sécurité énergétique » des États membres de l’UE restait « la priorité absolue ».
Soulignant que cette interruption était due à une récente attaque russe, dans le cadre de la guerre menée en Ukraine, elle a indiqué que la Commission était en contact avec la partie ukrainienne pour un mettre en œuvre un calendrier de réparation de l’oléoduc.
Elle a également avancé que l’institution se tenait prête à convoquer une réunion d’urgence du groupe de coordination sur le pétrole pour évaluer « toutes les alternatives possibles à l'approvisionnement en carburant ».
Le règlement encadrant les sanctions européennes vis-à-vis de la Russie permet de suspendre temporairement l’interdiction visant l’approvisionnement de pétrole russe dans un État membre enclavé, en cas de raisons hors de son contrôle.
Ces importations pourraient alors exceptionnellement provenir d’un autre oléoduc - celui de l’Adriatique, permettant de faire transiter du pétrole russe via la Croatie, comme demandé par la Hongrie et la Slovaquie (les deux seuls pays de l'UE qui continuent à importer du pétrole russe).
« La Hongrie ne demande pas une faveur à la Croatie concernant l'oléoduc Adria, mais le respect des règles contraignantes de l'UE au cas où le transit par l'oléoduc deviendrait difficile ou impossible », a insisté le ministre des Affaires étrangères et du Commerce de la Hongrie, Péter Szijjártó, sur le réseau social X.
Il a également accusé l’Ukraine de bloquer les livraisons sur l'oléoduc Druzhba « pour des raisons politiques ».
La porte-parole de la Commission a toutefois souligné que le risque à court terme pour la sécurité d’approvisionnement était sous contrôle, étant donné que la Hongrie et la Slovaquie détiennent en réserve l'équivalent de 90 jours de stock d'urgence. (Pauline Denys)