Mises à l’arrêt pour deux semaines seulement, les négociations au Parlement européen sur les termes de l’accord de l’été 2025 concernant le commerce entre l’UE et les États-Unis reprendront dès la semaine prochaine.
C’est la conclusion à laquelle sont parvenus les rapporteurs de la commission INTA (commerce international), mercredi 4 février. Les groupes politiques avaient mis le holà, le 21 janvier dernier, en réaction aux menaces commerciales du président américain, Donald Trump, dans le dossier de l’acquisition du Groenland (EUROPE 13791/14).
Le locataire de la Maison-Blanche avait finalement fait machine arrière, plus tard dans la soirée, après être parvenu à un accord-cadre avec l’OTAN, dont les contours sont encore flous (EUROPE 13794/15).
Pour le PPE, la reprise des négociations est un signal positif pour « la stabilité plus que nécessaire pour les entreprises européennes », comme l’a souligné Jörgen Warborn (suédois), porte-parole du groupe pour le commerce international.
De façon similaire, le groupe CRE a indiqué, dans un communiqué, que tout retard supplémentaire ne ferait « qu'accroître l'incertitude qui pèse sur l'industrie européenne ».
Au centre gauche de l’hémicycle, on se montre plus prudent. Pour le S&D, feindre l’indifférence serait une erreur.
Les règlements en cours de négociation permettant de baisser et de supprimer les tarifs douaniers sur plusieurs produits américains doivent notamment comprendre une clause de suspension « robuste », permettant de mettre un terme à l’accord en cas de « menaces aux intérêts essentiels de sécurité de l’Union ou de ses États membres, y compris leur intégrité territoriale », souligne le groupe.
Le rapporteur permanent sur les relations UE/États-Unis, Bernd Lange (S&D, allemand), rappelle en outre que tant que les tarifs américains sur l’acier et l’aluminium européen ne sont pas réduits à 15%, l’UE ne pourra pas accepter un accès au marché européen à tarif zéro pour les mêmes produits américains (EUROPE 13737/7).
Pour la rapportrice fictive Anna Cavazzini (Verts/ALE, allemande), il est également essentiel d’adopter « un langage fort » concernant l’activation de l’instrument anti-coercition de l’UE.
Le groupe Renew Europe soutient la reprise des discussions, mais met lui aussi des conditions à son approbation finale des dispositions de l’accord (voir autre nouvelle).
Après ces développements, un vote pourrait avoir lieu mardi 24 février en commission du commerce international (INTA), suivi d’un vote dans l’hémicycle lors de la session plénière de mars. Les négociations avec le Conseil de l’UE (EUROPE 13762/15) pourront ensuite débuter. (Pauline Denys)