Alors que les dirigeants européens se retrouveront le 12 février prochain dans le cadre d’un sommet informel consacré à la compétitivité de l’UE, le groupe Renew Europe a profité de cette impulsion pour mettre la souveraineté énergétique à l’avant-plan.
Réunis lors d’un événement consacré aux prix abordables de l’énergie dans l’UE mercredi 4 février, trois députés du groupe Renew Europe ont exposé la nécessité de remettre la sécurité énergétique en tête des priorités européennes. Le groupe a également poussé en faveur d’un débat sur la question lors de la prochaine séance plénière du Parlement, la semaine du 9 février.
Les échanges s'inscrivent en outre dans un contexte de tensions commerciales avec les États-Unis et la crainte d’une nouvelle dépendance européenne à l'égard des importations de combustibles fossiles américains, dont le gaz naturel liquéfié (GNL).
Plus largement, « l’UE importe désormais 58% de son énergie. L’incapacité de l’Europe à produire pleinement sa propre énergie est à l’origine des crises politiques, économiques et géopolitiques qu’elle traverse », résume un document de positionnement publié ce 4 février (https://aeur.eu/f/kkv ).
Le jour même, les rapporteurs sur les relations UE/États-Unis au Parlement ont acté la reprise des pourparlers sur l’accord de l’été sur le commerce transatlantique (voir autre nouvelle).
Les implications de cet accord sur le plan énergétique sont importantes, puisque l’UE s’est engagée à acheter pour 750 milliards de dollars de produits énergétiques américains d’ici 2028.
Selon Christophe Grudler (français), cet engagement n’est ni « réaliste » ni « juste » pour les producteurs d’électricité propre en Europe, qui seront pénalisés par l’application de 15% de tarifs douaniers tandis que plusieurs pans de l’industrie américaine pourront exporter vers l’UE à des tarifs nuls.
Le groupe met également un point d’honneur à moderniser et développer les réseaux électriques européens, soutenant l’approche « pro-européenne » proposée par la Commission européenne dans son nouveau paquet 'réseaux' (EUROPE 13770/4).
« Nous devons investir dans nos réseaux électriques, dans notre Union de l'énergie et accélérer le développement des énergies vertes. Bien sûr, nous arriverons aux conclusions des négociations sur l’accord de commerce, mais nous devons veiller à ce qu'il comporte des clauses de sécurité », a exprimé Brigitte van den Berg (néerlandaise).
Pour Emma Wiesner (suédoise), la seule consolation qu’apporte l’engagement avec les États-Unis est le fait que cet accord puisse potentiellement décourager l’administration américaine de geler les exportations et, plus largement, d’utiliser l’énergie fossile comme une arme commerciale, à l'instar de ce qu'a fait la Russie par le passé. (Pauline Denys)