« L’espace civique est le poumon de la démocratie. Notre responsabilité est claire : préserver un espace civique ouvert, protéger celles et ceux qui soutiennent la vie démocratique et garantir, dans un contexte de fragmentation de l’ordre mondial, que l’Europe ne renonce pas à ce qui permet à la démocratie de fonctionner », a déclaré Alain Berset, Secrétaire général du Conseil de l’Europe, lors de l’ouverture de la Conférence internationale sur le renouveau démocratique et l’espace civique, qui s’est tenue lundi 2 et mardi 3 février à Strasbourg.
Cette conférence avait pour but de lancer de manière officielle et décisive la phase de consultation du 'Nouveau Pacte démocratique pour l’Europe', annoncé par le Secrétaire général dès le début de son mandat, en janvier 2024.
Pendant ces deux jours, des acteurs de premier plan de la société civile, des représentants des États européens et des organisations internationales ont échangé sur les bonnes pratiques et formulé des propositions précises sur la manière de surveiller, renforcer et protéger l’espace civique en tant que pierre angulaire du renouveau démocratique.
« Nous ne serons pas en mesure de riposter aux perturbations qui surviennent en dehors de l’Europe si l’espace civique s’y réduit, si la confiance démocratique s’effondre de l’intérieur », a affirmé Alain Berset en pointant les nouvelles lois sur « l’influence étrangère » ou sur les « agents étrangers », qui imposent des contraintes de plus en plus lourdes aux organisations indépendantes.
Au rang des grands défis, il relève : la désinformation et l’ingérence étrangère, qui feront l’objet d’une nouvelle Convention du Conseil de l’Europe ainsi que les travaux sur les questions migratoires dans le cadre de la Convention européenne des droits de l’homme, qui doivent se traduire à la mi-mai dans la Déclaration finale de la Conférence interministérielle qui se tiendra à Chisinau sous présidence moldave du Comité des ministres des Affaires étrangères des 46 États membres du Conseil de l’Europe.
Dans son discours prononcé également à l'ouverture de la Conférence, Michael O’Flaherty, Commissaire aux Droits de l’homme du Conseil de l'Europe, a insisté sur l’importance des organisations de jeunes, qui sont « à l’avant-garde des transformations sociales positives et essentielles ».
Se référant au rapport 'CIVICUS Monitor 2025', il a signalé que seuls 18 des 46 États membres du Conseil de l'Europe disposent d'un espace civique ouvert alors que l'espace civique de 13 États membres du Conseil de l’Europe s'est dégradé depuis 2018.
« À cet égard », a-t-il ajouté, « je salue la mise en place prochaine d'une plateforme de la société civile opérant à l'échelle de l'Union européenne et la reconnaissance de la nécessité d'allouer des fonds substantiels au soutien de l'action de la société civile au sein même de l'Union européenne ».
Un dispositif interétatique qu’il souhaite voir appliquer à tout le continent pour « suivre la situation de la société civile, signaler les problèmes et les risques, et réagir de manière appropriée aux attaques dont les organisations sont la cible ».
Lien vers le discours du Secrétaire général : https://aeur.eu/f/kkg
Lien vers le discours du Commissaire aux droits de l’homme (en anglais) : https://aeur.eu/f/kkh (Véronique Leblanc)