La Cour des comptes européenne a décelé diverses lacunes dans les plans de mobilité urbaine durable pour 431 zones urbaines de l’UE, qui en compromettent l’efficacité, selon un rapport publié mercredi 4 février.
La Cour a conclu que les efforts soutenus de la Commission européenne ont permis d’améliorer le cadre juridique de l’UE en matière de mobilité urbaine, notamment parce que ce dernier impose désormais l’élaboration de ces plans de mobilité urbaine durable. Depuis 2014, plus de 35 milliards d'euros ont été alloués au titre des fonds de la politique de cohésion, complétés plus récemment par 23 milliards d'euros provenant de la 'Facilité pour la reprise et la résilience' et par un soutien supplémentaire du ‘Mécanisme pour l’interconnexion en Europe’.
Néanmoins, les flux de navetteurs et le niveau d’ambition relatif au changement des habitudes de déplacement pour éviter l’utilisation de la voiture n’ont pas été suffisamment pris en compte. Carlo Alberto Manfredi Selvaggi, le membre de la Cour responsable de l’audit, a relevé des problèmes concernant la portée géographique des plans de mobilité. « De nombreux plans s'arrêtent aux frontières administratives et ne couvrent pas tous les flux de navetteurs concernés. Cela limite leur efficacité et entraîne souvent une mauvaise coordination entre les municipalités voisines », a-t-il expliqué en conférence de presse. « Sur le plan du contenu, la plupart des plans se concentrent sur l'amélioration de l'accessibilité des transports publics et la réduction des émissions tandis que les mesures visant à décourager activement l'utilisation de la voiture sont moins courantes ».
Il a estimé que ces deux types de mesures sont nécessaires pour parvenir à une mobilité durable. « Limiter le nombre de places de stationnement ou l'accès aux centres-villes sans fournir de transports publics adéquats n'est pas une solution viable », a-t-il indiqué. Ainsi, peu de projets ont permis d'améliorer significativement la situation des navetteurs, souvent en raison d'une analyse des besoins inadéquate ou d'un manque de coordination entre les municipalités voisines.
En conséquence, la Cour recommande à la Commission de renforcer son soutien aux États membres, notamment à travers la création d'un point d'information unique et l'élaboration d'orientations supplémentaires sur l'aménagement du territoire, la mobilité partagée dans les zones suburbaines. Elle conseille également de développer un indicateur commun de part de marché et une méthodologie robuste pour mesurer les réductions d'émissions.
Lire le rapport : https://aeur.eu/f/kl1 (Anne Damiani)