Présentées fin décembre, les priorités détaillées de Chypre - qui assure la présidence tournante du Conseil de l’UE depuis le 1er janvier 2026 - mentionnent plusieurs aspects stratégiques de la politique numérique de l'UE, parfois liés étroitement avec les problèmes géopolitiques actuels.
Dans son programme, Chypre détaille ses ambitions pour la souveraineté et la compétitivité européenne dans le numérique et les nouvelles technologies, pilier du 'leadership' européen (EUROPE 13769/10).
« Le renforcement de la souveraineté numérique de l'Europe et la réduction des dépendances externes sont nécessaires (...). La Présidence se concentrera donc sur les technologies clés, notamment l'intelligence artificielle (IA), les infrastructures 'en nuage' et la cybersécurité », détaille le programme.
Chypre souhaite notamment soutenir les travaux autour de la réforme des télécommunications européennes, le 'Digital Networks Act' (DNA), que la Commission doit présenter le 20 janvier prochain (EUROPE 13715/12), ainsi que sur la législation sur le développement de l'informatique 'en nuage' et de l'intelligence artificielle (Cloud and IA Development Act) (EUROPE 13674/12).
« La simplification des processus administratifs reste un objectif essentiel », souligne le document. L'efficacité de la réglementation « devenant de plus en plus cruciale », la Présidence chypriote veut faire avancer la législation 'omnibus' de simplification du cadre législatif numérique (EUROPE 13755/3, 13755/2) « afin de rationaliser et de moderniser le cadre numérique de l'UE ».
Autre sujet hautement politique, la question de la protection des mineurs en ligne. Pour Nicosie, qui fait partie des six pays en phase de test du dispositif européen de vérification de l'âge en ligne (EUROPE 13728/1), mettre en place un environnement sécurisé et sain pour les jeunes sur Internet est primordial. Le pays ne dit cependant pas s'il souhaite voir l'UE avancer vers un âge plafond européen (EUROPE 13760/5).
Enfin, la lutte contre la désinformation, l'ingérence étrangère, les pressions exercées sur la liberté des médias, les discours de haine et la manipulation électorale sont aussi cités comme de graves menaces pour les fondements et les valeurs fondamentales de l'UE.
Voir le programme : https://aeur.eu/f/k4d (Isalia Stieffatre)