Face aux menaces du président américain, Donald Trump, d’annexer le Groenland, l’Union européenne a rappelé, lundi 5 janvier, que l’UE « continuerait de défendre les principes de souveraineté nationale, d’intégrité territoriale et d’inviolabilité des frontières ainsi que la Charte des Nations Unies ».
« Ce sont des principes universels et nous ne cesserons de les défendre, à plus forte raison lorsque l’intégrité territoriale d’un État membre de l’Union européenne est menacée », a expliqué la porte-parole du Service européen pour l’action extérieure, Anitta Hipper. « Par principe, nous attendons de tous nos partenaires qu'ils respectent la souveraineté et l'intégrité territoriale et qu'ils se conforment aux engagements internationaux », a-t-elle ajouté.
Elle a rappelé le message sur le réseau social X de la Haute Représentante de l’UE, Kaja Kallas, le 22 décembre, qui soulignait la solidarité de l’Union avec le Groenland et le Danemark. « Le Groenland est un territoire autonome du Royaume du Danemark. Toute modification de ce statut relève de la seule compétence des Groenlandais et des Danois », avait-elle rappelé.
De son côté, la porte-parole de la Commission européenne, Paula Pinho, a rappelé que le Groenland était « un allié des États-Unis » et était couvert par l’OTAN, refusant toute comparaison avec l’intervention américaine au Venezuela (voir autre nouvelle). « Chaque pays peut présenter un grand intérêt à bien des égards, mais cela ne doit pas susciter d'intérêt autre que celui lié aux affaires, aux investissements, etc. Rien de plus », a-t-elle ajouté.
La veille, Donald Trump avait expliqué que son pays avait « besoin du Groenland du point de vue de la sécurité nationale et le Danemark ne sera pas en mesure de s’en occuper ». «Nous nous occuperons du Groenland dans environ deux mois... parlons du Groenland dans 20 jours », a-t-il annoncé à des journalistes. « L'UE a besoin que nous ayons le Groenland et elle le sait », a ajouté le président, une position réfutée par Paula Pinho. (Camille-Cerise Gessant)