La Commission européenne a exprimé, fin décembre 2025, sa vive préoccupation concernant l’accord sur les quotas de pêche du maquereau conclu entre le Royaume-Uni, la Norvège, l’Islande et les îles Féroé, sans consultation préalable de l’Union européenne.
Selon la Commission, cet accord fait peser de sérieux risques sur la durabilité du stock de maquereau du nord-est de l’Atlantique, déjà en situation de surpêche (EUROPE 13776/12). Le Conseil international pour l’exploration de la mer (CIEM) recommande un total admissible de captures (TAC) de 174 357 tonnes pour 2026 alors que l’accord fixe un TAC de 299 010 tonnes, soit 72% de plus. La pression de pêche pourrait encore s’intensifier en tenant compte des captures russes historiques, faisant peser un risque de dommages irréversibles sur le stock et menaçant les moyens de subsistance des pêcheurs. La Russie a historiquement capturé plus de 100 000 tonnes par an. Aussi, l'accord pourrait porter la pression de pêche totale sur le stock en 2026 à plus de 400 000 tonnes, bien au-dessus du niveau recommandé.
L’UE, pour sa part, a fixé un TAC provisoire conforme aux avis scientifiques et à l’accord de commerce et de coopération UE-Royaume-Uni (TCA). Le règlement européen sur les quotas pour 2026 prévoit un TAC provisoire de 156 921 tonnes, correspondant à 90% de l’avis scientifique principal du CIEM, applicable pour les six premiers mois de l’année 2026. La Commission a demandé des clarifications aux parties concernées et évaluera la compatibilité de l’accord avec le droit international. (Lionel Changeur)