Plusieurs députés européens ont demandé à l’Union européenne, mercredi 12 novembre, de prendre des mesures contre la Turquie, qui occupe depuis plus de 50 ans la partie nord de l’île de Chypre.
« L'UE, au lieu d'imposer des sanctions, distribue des rôles et des récompenses. Au lieu de fixer des lignes rouges, elle cède au chantage d'Ankara. Au lieu de soutenir la victime, elle récompense l'agresseur », a dénoncé Loukas Fourlas (chypriote), au nom du groupe PPE.
Selon Geadis Geadis (CRE, chypriote), « l’invasion turque de Chypre est comparable à l’invasion russe de l’Ukraine. Mais la réaction est différente. Comment est-il possible que l’Europe impose des sanctions à la Russie tandis que la Turquie, au lieu de sanctions, reçoit des financements européens et participe à des accords de défense ? »
Au nom du S&D, Costas Mavrides (chypriote) a dénoncé le silence des Européens face à la « colonisation » du nord de Chypre par des Turcs et l’usurpation « massive » des biens des Chypriotes grecs dans les territoires occupés. « Combien de crimes devra-t-elle encore commettre pour que nous prenions des mesures ? », s’est-il interrogé. Et de prévenir : « La justice triomphera un jour. Mais ce jour-là, nous nous souviendrons non seulement des crimes, mais aussi de nos partenaires, de notre famille, qui, à l'heure critique, ont détourné le regard et sont restés silencieux ».
Enfin, d'après Afroditi Latinopoulou (PfE, grecque), la seule solution est « l'absence totale de dialogue avec les envahisseurs, l'absence totale de dialogue avec les Turcs », estimant que « tout le reste n'est qu'une vulgaire moquerie ». (Camille-Cerise Gessant)