La présentation, mercredi 12 novembre, de la 'Boussole culturelle' par la Commission européenne (EUROPE 13750/6) a donné suite à un accueil positif, toutefois nuancé par des exigences sur le plan de sa mise en œuvre.
Sollicitée par notre rédaction, la présidente de la commission de la Culture et de l’Éducation (CULT) du Parlement européen, Nela Riehl (Verts/ALE, allemande), s’est réjouie d’une stratégie qui « marque une étape importante pour la protection des secteurs culturels et créatifs européens ».
Elle apprécie l’approche, qui « va au-delà de la compétitivité » et qui s'attarde sur « la liberté artistique, un financement durable et des relations culturelles internationales solides », bien que relevant que « le véritable test sera l’exécution », notamment avec le futur programme AgoraEU.
Le vice-président, Bogdan Andrzej Zdrojewski (PPE, polonais), a estimé que la 'Boussole' « érige la culture en pierre angulaire de l’identité et de l’avenir européens ». Selon lui, « le dialogue mené depuis un an avec le commissaire (Glenn) Micallef » a permis de refléter les priorités du Parlement.
Coordinateur du groupe social-démocrate, Hannes Heide (autrichien) se félicite d’une véritable évolution quant à la vision de la culture, « souvent (...) traitée comme une question secondaire ». Il a salué la volonté de la Commission « d’ancrer la culture dans le prochain cadre financier pluriannuel et de doubler le budget d'Europe Créative ».
La Française Laurence Farreng, coordinatrice de Renew Europe, a observé un signe encourageant d’engagement pour la culture européenne. Nonobstant ce premier pas, elle a pressé la Commission européenne à, désormais, « s'approprie(r) totalement et politiquement cette ambition, qui n’a pas été mentionnée dans la présentation du programme de travail 2026 ! ». Et de pointer du doigt que « pour exister, elle devra être accompagnée de budgets suffisants. La culture est trop souvent le parent pauvre des discours d'Ursula von der Leyen ».
Les organisations culturelles européennes ont aussi salué les avancées. Le réseau Culture Action Europe, qui y voit une stratégie « nécessaire et ambitieuse », appelle à une législation sur la liberté artistique et à une directive sur les conditions de travail décentes pour pousser l'ambition.
Europa Nostra se satisfait d’une prise en considération « holistique », qui « ancre la culture et le patrimoine au cœur du projet européen », exhortant les institutions à adopter rapidement la Déclaration commune prévue par la Commission. (Nithya Paquiry)