La ministre des Affaires européennes danoise, Marie Bjerre, a mis en avant, jeudi 3 juillet, l’approche « très ambitieuse » de la Présidence danoise du Conseil de l’Union européenne sur le cadre financier pluriannuel post-2027 (CFP), expliquant qu’avec les nouveaux défis auxquels l’UE était confrontée, il fallait un budget adapté.
« Le statu quo n'est donc pas une option. Nous devons adopter une nouvelle approche budgétaire. Il doit être modernisé, plus efficace et plus simple », a déclaré la ministre à un groupe de journalistes bruxellois en déplacement à Aarhus.
D'après Mme Bjerre, « le budget doit tenir ses promesses en matière de sécurité et de défense », mais aussi sur l’agenda 'vert', l'innovation, le soutien et la reconstruction de l’Ukraine, la crise climatique, la nécessité d’investir dans l’énergie et les infrastructures, ou encore dans la compétitivité de l’UE.
« Nous traversons une période cruciale pour l'Europe et nous devons apporter des fonds pour répondre aux défis auxquels nous sommes confrontés. Nous devons donc disposer d'un budget ambitieux pour répondre à ces priorités. Avant tout, nous devons réfléchir à une utilisation plus judicieuse du budget et trouver des solutions pour rembourser la dette actuelle », contractée avec le Plan de relance européen, Next Generation EU, et dont le remboursement débutera en 2028, dans le cadre du CFP post-2027, a-t-elle résumé.
Et, s’il faut financer de nouvelles politiques, des choix devront être faits, car « la politique du gouvernement danois ne préconise ni une augmentation du budget ni une dette commune » au niveau de l'UE. Actuellement, un tiers du budget actuel va à la politique agricole commune et un tiers à la politique de cohésion, « élément important de la stabilité sociale en Europe », a indiqué la ministre, pour qui les fonds de cohésion « doivent être réformés et simplifiés ».
Mme Bjerre, comme l’avait fait la Première ministre, Mette Frederiksen (EUROPE 13652/25), a cependant rappelé que le Danemark ne se considère plus comme un pays frugal, et donc, qu’il ne rejette « rien a priori », abordant les discussions avec « un esprit ouvert ».
La ministre n’a pas explicitement évoqué la question de nouvelles ressources propres au budget de l'UE, qui sera sensible dans les négociations à venir, alors que l’unanimité sera requise au Conseil, qui bloque l'adoption d'un nouveau paquet depuis fin 2023 (EUROPE 13631/6). Contactée, la représentation permanente du Danemark auprès de l'UE n’a pas souhaité apporter de précisions.
La Commission compte inclure de nouvelles propositions de ressources propres dans sa proposition de CFP (EUROPE 13641/8) et le Parlement en a fait l'un des « grands défis » du budget (EUROPE 13635/1).
Enfin, Mme Bjerre a précisé que son pays plaidait pour un mécanisme « strict » de 'conditionnalité Etat de droit' dans l'octroi de fonds européens. « Nous pensons que nous devrions renforcer cette mesure pour qu'elle s’applique à davantage de fonds et qu'elle soit plus automatique », a-t-elle expliqué, rappelant l’importance de respecter les valeurs fondamentales et l’État de droit.
La Commission présentera, le 16 juillet, sa première proposition de CFP, et un premier débat ministériel est prévu lors du Conseil 'Affaires générales' du vendredi 18 juillet. (Camille-Cerise Gessant avec Florent Servia)