Le sommet UE/Moldavie de vendredi 4 juillet à Chișinău se voudra surtout symbolique. Il s'agit pour l’UE d’envoyer des signaux positifs à la Moldavie pour son chemin vers l'adhésion. Il ne sera toutefois pas question de franchir une étape concrète dans ce sens. L’ouverture du premier ensemble ('cluster') de chapitres de négociation d'adhésion ne sera pas annoncée lors du sommet, à défaut d’un accord au Conseil.
Les Moldaves « ont rempli les conditions pour ouvrir les premiers 'clusters' », a assuré un haut fonctionnaire européen, mercredi 2 juillet. Désormais, l'ouverture est entre les mains des États membres au Conseil de l’UE, lesquels doivent se prononcer à l’unanimité dans ce sens.
Si cette décision ne fait pas tant débat sur le fond, c’est la question de l’avancée du processus d’adhésion de la Moldavie, en parallèle avec celui de l’Ukraine, qui se pose. Et ce dernier est bloqué par la Hongrie, qui refuse d’approuver l’ouverture du premier 'cluster' pour Kiev.
Plusieurs sources européennes laissent penser que la Moldavie pourrait désormais poursuivre le processus indépendamment de l’Ukraine. « Chaque pays est jugé sur ses propres mérites », assure-t-on dans les institutions européennes. L'objectif de la Présidence danoise du Conseil de l'UE semble cependant être de ne pas découpler les processus des deux pays, qui ont jusqu'à présent avancé en parallèle dans leur voie vers l'UE (EUROPE 13673/2).
Plan de croissance. De manière plus concrète, en revanche, l’UE devrait annoncer, jeudi, le versement d’un pré-financement dans le cadre du plan de croissance pour la Moldavie (EUROPE 13594/24). Le pilier financier du plan, la 'Facilité pour la réforme et la croissance', est doté de 1,9 milliard d'euros (1,5 milliard d'euros de prêts et 385 millions de subventions) sur la période 2025-2027, un montant énorme pour un pays dont le PIB était d'environ 16,6 milliards d'euros en 2024.
Lutte contre les menaces hybrides. Lors du sommet, l’UE compte aussi soutenir la Moldavie dans sa lutte contre les campagnes de désinformation de la Russie.
« Le sommet lui-même sera sujet à la manipulation étrangère. On observe déjà des efforts pour diminuer l’importance de ce sommet et diluer le message positif », a expliqué un haut fonctionnaire européen.
Après une forte interférence et des achats de voix lors du référendum sur l'UE et la présidentielle (EUROPE 13517/9), les inquiétudes se portent sur les élections législatives prévues pour fin septembre. Les dirigeants discuteront donc de ce sujet et des manières de renforcer la résilience de la Moldavie face aux menaces. (Léa Marchal et Camille-Cerise Gessant)