L'Eurogroupe a initié, jeudi 19 juin, la procédure de renouvellement de sa présidence, son actuel président, Paschal Donohoe, étant candidat à un troisième mandat de deux ans et demi.
Un ministre désireux de déposer sa candidature pourra le faire jusqu'au vendredi 27 juin, en vue d'une potentielle élection lors de la réunion de l'Eurogroupe, lundi 7 juillet.
Dans cette optique, les cinq poids lourds de la zone euro - l'Allemagne, la France, l'Italie, l'Espagne et les Pays-Bas - ont transmis à leurs homologues une note dans laquelle ils émettent des options pour améliorer le fonctionnement de l'Eurogroupe, entité informelle instituée en 1997.
« Nous avons fait des propositions, avec d'autres États membres, sur la façon dont le travail pourrait être plus efficace », a confirmé l'Allemand Lars Klingbeil à son arrivée à Luxembourg. L'objectif du 'non paper' est d'« avoir une discussion sur l'agenda », a indiqué son homologue néerlandais, Eelco Heinen.
Les cinq pays préconisent que l'Eurogroupe focalise ses travaux sur les questions stratégiques telles que la coordination des politiques budgétaires, l'Union de l'épargne et de l'investissement (SIU), le parachèvement de l'union bancaire, la création d'un euro numérique et le maintien de règles du jeu équitables pour le secteur bancaire européen.
Sur le plan organisationnel, les cinq pays souhaitent que l'Eurogroupe, qui a fait la preuve de son efficacité et de sa flexibilité en temps de crise, puisse aussi fonctionner efficacement en temps normal. Ils préconisent de mieux préparer en amont les discussions ministérielles et d'assurer le suivi des décisions politiques prises. Afin d'éviter une duplication du travail avec le Conseil 'Écofin', une répartition claire des tâches doit être établie, les travaux législatifs demeurant du ressort du Conseil 'Écofin'. En outre, estiment les cinq pays, le nombre de réunions de l'Eurogroupe en format inclusif (à vingt-sept) devrait être réduit pour privilégier celles en format normal.
Interrogé sur l'initiative des cinq principales économies de la zone euro, M. Donohoe y a vu « une approbation et une reconnaissance du travail mis en œuvre au cours de (son) second mandat en tant que président de l'Eurogroupe ». Il s'est félicité du « fort soutien » reçu de ses homologues concernant sa candidature à sa réélection.
Le ministre espagnol, Carlos Cuerpo, qui réfléchirait à l'opportunité d'être candidat, a plaidé pour « une nouvelle impulsion » dans la conduite des travaux de l'Eurogroupe, sans se prononcer sur son ambition. « Nous n'avons pas pris de décision. Nous avons encore une semaine pour présenter des candidatures. Il faut parler du fond, de comment doit évoluer cette 'institution'. Il faut une 'institution' agile, qui se concentre sur les éléments clés : la compétitivité, l'union de l'épargne et de l'investissement et le rôle international de l'euro », a-t-il indiqué. Selon lui, le scandale de corruption qui éclabousse le parti socialiste du Premier ministre, Pedro Sánchez, est une question interne qui ne doit pas avoir une influence dans la course à la présidence de l'Eurogroupe.
L'Espagne fait partie de pays de la zone euro à l'initiative d'un label européen d'épargne et d'investissement lancé début juin à Paris en partenariat avec six autres États membres (EUROPE 13654/20).
Voir la note : https://aeur.eu/f/hgc (Mathieu Bion)