Dans une nouvelle étude, publiée jeudi 19 juin, le centre de réflexion Bruegel et le Kiel Institute estiment que si, avec la hausse des dépenses de défense ces dernières années, les dépenses en équipements militaires ont plus que doublé, « des lacunes importantes subsistent et devront être comblées ».
Selon ces instituts, l'étape essentielle consistera à traduire les dépenses en capacités réelles et en une croissance soutenue de la génération de forces, du maintien en puissance et de la modernisation militaire en Europe.
Bruegel et le Kiel Institute expliquent qu'il est essentiel que l'industrie européenne développe sa capacité à produire et à livrer rapidement des équipements. Estimant que les 800 milliards d'euros envisagés dans le cadre du programme 'ReArm Europe' seront insuffisants si l'équipement est acheté aux prix élevés actuels, ils plaident pour une réforme de la structure de marché fragmentée dans la production, qui permettrait de réaliser des économies d'échelle qui devraient faire baisser les prix unitaires.
Les capacités dans le domaine terrestre sont une étape clé pour contrer la « menace d'une nouvelle agression russe » et les deux instituts se disent « prudemment optimistes quant à la possibilité de combler les lacunes de ces systèmes 'traditionnels' grâce à une volonté politique ».
La modernisation est un autre point essentiel, « car l'accès à des capacités de pointe et à des outils stratégiques constitue le meilleur moyen pour l'Europe de devenir autonome en matière de défense et de réduire sa dépendance vis-à-vis des États-Unis ». L'Europe devra donc investir massivement dans la recherche et le développement, selon les instituts.
Voir le rapport : https://aeur.eu/f/hgb (Camille-Cerise Gessant)