Les présidents du Copa et de la Cogeca, principales organisations agricoles européennes, ont lancé, jeudi 19 juin à Bruxelles, une pétition intitulée nosecuritywithoutcap.eu afin de mobiliser la société et les responsables politiques contre les projets de la Commission européenne concernant le cadre financier pluriannuel (CFP) de l’UE pour 2028-2034.
Ces organisations s’opposent fermement à l’idée de « diluer » la politique agricole commune (PAC) dans un « fonds unique » par État membre, qui regrouperait différentes politiques européennes. Elles craignent également une réduction du budget de la PAC après 2027, dans les propositions attendues le 16 juillet sur le prochain CFP.
Pour Massimiliano Giansanti, président du Copa, le risque est grand de voir une baisse des fonds et une perte du caractère commun de la PAC. Devant la presse, il a insisté sur le besoin pour l’agriculture européenne de produire davantage et d’être plus compétitive sur les marchés : « C’est pourquoi nous sommes engagés dans une discussion difficile avec toutes les parties, pour protéger nos agriculteurs, protéger notre production, protéger nos citoyens, protéger notre économie », a-t-il déclaré. Il a indiqué avoir reçu de nombreuses promesses de la part des institutions européennes quant au rôle des agriculteurs. « Mais maintenant, c’est le moment de voir à quel point les agriculteurs sont réellement importants pour l’Union européenne ». Selon lui, « il y a beaucoup de rumeurs. Il faudra voir ce qui sera présenté à la mi-juillet ».
Et de poursuivre : « Ce n’est pas le moment de discuter des outils ou des mesures. Ce dont il faut parler maintenant, c’est du montant du budget. Il est essentiel de savoir combien d’euros la Commission prévoit pour l’avenir des agriculteurs. Ensuite, nous pourrons parler des instruments ».
« Avec un fonds unique, nous n’avons aucune garantie que la PAC conservera son caractère commun », a mis en garde le président du Copa.
Lennart Nilsson, président de la Cogeca, s’est également opposé à « toute fusion de la PAC dans un fonds unique, ainsi qu’à toute réforme majeure de la PAC prévue en juillet, sans véritable dialogue ni concertation ».
Concernant l’accord controversé UE/Mercosur, Massimiliano Giansanti a clairement dit 'non' à ce projet de libre-échange : « Il est impossible d’accepter le texte UE-Mercosur tel que nous l’avons lu, car nous n’y trouvons aucune réciprocité en matière de normes de production », a-t-il fait valoir.
Il a appelé à une plus grande attention de la part des institutions européennes et sud-américaines afin de trouver une solution qui permette de protéger les agriculteurs européens, tout en respectant aussi les agriculteurs sud-américains.
Il a rappelé que de nombreux secteurs sont sous pression, en raison de la guerre en Ukraine ou d’autres accords commerciaux à venir, notamment avec l’Inde.
« Si l’on regarde ce qui se passe dans la production d’œufs, de lait, de bœuf, de sucre, de riz… Ces secteurs sont attaqués et nous devons protéger nos agriculteurs », a conclu le président du Copa.
Lien vers la pétition : https://aeur.eu/f/hfu (Lionel Changeur)