Les ministres européens de l’Énergie ne sont pas parvenus à adopter à l’unanimité des conclusions du Conseil sur la sécurité énergétique, lundi 16 juin, comme l’aurait souhaité la Présidence polonaise du Conseil de l’UE.
La Hongrie et la Slovaquie se sont fermement opposées au texte, tandis que les 25 autres États membres l'ont soutenu. Cela signifie que le texte peut être adopté, mais seulement en tant que conclusions de la Présidence.
Depuis la parution de la 'feuille de route' de la Commission européenne pour l’abandon des combustibles fossiles russes le 6 mai dernier (EUROPE 13634/1), les deux pays s’opposaient à une mention de cette communication au sein des conclusions sur la sécurité énergétique (EUROPE 13636/21).
Le texte final correspond à la dernière mouture datant du 12 juin (EUROPE 13659/10), et « prend » bien « note » de la 'feuille de route' et de l'intention de la Commission de présenter les propositions découlant de cette communication initiale.
Selon, un diplomate polonais, ce point aurait à nouveau fait débat à la lumière de la récente attaque d’Israël en Iran, qui a fait apparaître de nouvelles craintes quant à la sécurité d’approvisionnement en Europe.
C’est en tout cas la position de la Hongrie, puisque son ministre des Affaires étrangères et du Commerce, Péter Szijjártó, a déclaré sur le réseau social X que « la politique énergétique est une compétence nationale, ce qui met en danger notre souveraineté et notre sécurité énergétique ». « Face à l'escalade au Moyen-Orient, nous avons proposé qu'aucun plan de ce type ne soit présenté », a-t-il ajouté.
Simplification du règlement 'méthane'. En outre, les conclusions définitives font toujours mention d’une simplification possible des mesures législatives existantes dans le domaine de l’énergie, donnant pour exemple la simplification du règlement 'méthane'.
Dans l’après-midi, les ministres ont précisément échangé sur ce point, puisque la Bulgarie, la République tchèque, la Grèce, la Hongrie, la Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie ont publié une note présentant leurs recommandations pour une simplification de ce règlement visant à réduire les émissions de méthane (EUROPE 13658/6).
Lors d’une conférence de presse, le commissaire européen à l’Énergie, Dan Jørgensen, a dit entendre les préoccupations de ces pays, mais n’a pas jugé nécessaire de « rouvrir » le texte. « Nous pensons que les problèmes qui existent peuvent être résolus de manière pragmatique dans le cadre des contrôles juridiques que nous avons actuellement », a-t-il expliqué.
Pour voir les conclusions : https://aeur.eu/f/hcw (Pauline Denys)