Les groupes politiques du PE ont célébré à leur façon, lundi 16 juin à Strasbourg, les 40 ans de l'espace Schengen (EUROPE 13659/4), se divisant entre les élus soucieux d’adapter la zone de libre circulation aux problématiques actuelles, comme les menaces hybrides, la criminalité ou les flux migratoires irréguliers et ne condamnant pas les contrôles intérieurs menés par une dizaine de pays et ceux regrettant, au contraire, la perte de l’idée fondatrice de Schengen, « une promesse de libre circulation » appartenant au passé.
Ce débat relativement court a aussi été l’occasion pour les partis PfE ou ENS de s’en prendre à la gestion actuelle de Schengen et à la promesse des pays membres de Schengen de protéger les frontières extérieures, qui n’a « jamais été tenue », a dit le Français Fabrice Leggeri (PfE).
L’ex-patron de l'agence Frontex a aussi attaqué « l’idéologie pro-migrants d’Ursula von der Leyen, qui n’a pas laissé d’autres choix aux États membres que de rétablir des contrôles ». Par ailleurs, le Français a appelé à abolir le 'Pacte Asile et migration'.
Pour l’Italien du CRE, Nicola Procaccini, il existe aussi une « hypocrisie » des États membres ayant rétabli des mesures à leurs frontières extérieures, qui, par le passé, ont « financé des ONG immigrationnistes ».
Pour le Néerlandais Malik Azmani (Renew Europe), Schengen était « une promesse de libre circulation », de « confiance réciproque », mais il faut aussi reconnaître « les défis ».
La réponse n’est toutefois pas de « se cacher derrière des murs, mais de renforcer les contrôles aux frontières extérieures » et les accords avec les pays tiers. Il faut que Schengen reste « un exemple ».
Lors de ce débat, le cas de l’Allemagne a notamment été critiqué par les Verts/ALE et La Gauche. Il faut désormais parler de Schengen « au passé », a dit Terry Reintke (allemande), déplorant les intentions du chancelier Friedrich Merz, qui « maltraite les navetteurs » et complique les « relations » avec les pays voisins. « Il ne respecte plus la promesse de l’Europe », a-t-elle ajouté. (Solenn Paulic)