« Les progrès en matière de réforme de la coordination de la sécurité sociale ne pas peuvent être sacrifiés si facilement », a déclaré, vendredi 13 juin, le Parlement européen alors que les perspectives d’une poursuite des travaux avec le Conseil de l’UE sur la révision du règlement de coordination des régimes de sécurité sociale se sont assombries ces derniers jours (EUROPE 13658/23).
« Après huit années de négociations intenses et d’innombrables efforts du Parlement pour trouver des solutions modernes qui simplifieraient et amélioreraient la coordination de la sécurité sociale au sein de l’UE pour les entreprises européennes, les millions de citoyens mobiles et les institutions concernées, tous les progrès réalisés sont désormais menacés », a déploré la rapportrice du PE, Gabriele Bischoff (S&D, allemande).
Cette réforme « apporterait de réels progrès à environ 14 millions de travailleurs européens et ne saurait être sacrifiée si facilement. L'accord est à portée de main et toutes les parties concernées doivent assumer leurs responsabilités. L'équipe de négociation du Parlement est prête à poursuivre ses efforts pour trouver un compromis et conclure un accord avec la Présidence actuelle jusqu'à la fin de son mandat ».
« La commission de l'emploi reste attachée à un dialogue constructif. Le PE est prêt et disposé à engager des négociations sérieuses pour parvenir à la réforme indispensable et tant attendue des règles de sécurité sociale. Il est essentiel que toutes les institutions travaillent ensemble dans un esprit de coopération afin d'obtenir des résultats tangibles qui bénéficieront à tous les citoyens de l'UE », a aussi déclaré la présidente de la commission Emploi du PE, Li Andersson (La Gauche, finlandaise).
Si nous saluons les efforts déployés par la Présidence polonaise pour obtenir un mandat révisé du Conseil, nous devons exprimer notre profonde déception face au risque de perte de vitesse dans ces négociations cruciales. Nous exhortons la Présidence polonaise à revenir à la table des négociations et à tout mettre en œuvre pour ne pas manquer cette précieuse occasion de clore ce dossier », a ajouté la Finlandaise.
La Fédération européenne des travailleurs du bâtiment et du bois (FETBB) et le syndicat polonais ZZ Budowlani ont aussi demandé le 13 juin à la Présidence polonaise de « finaliser les négociations » par un accord « garantissant la notification préalable obligatoire pour le secteur de la construction », disent-ils dans un communiqué. La Confédération européenne des syndicats a également appelé les colégislateurs à poursuivre les travaux tout comme une série de pays membres, qui auraient aussi, selon certaines sources, demandé à la Présidence de maintenir des trilogues.
La Présidence polonaise estime ne pas avoir de flexibilité suffisante, s'agissant du mandat du Conseil de l'UE. Elle reproche aussi au PE d'avoir ajouté des éléments nouveaux, comme sur les sanctions ou les données personnelles, qui ne faciliteraient pas les choses, selon elle.
À l'heure de notre bouclage, la Présidence semblait s'orienter vers un report, voire un arrêt des négociations, mais la situation restait mouvante. Agence Europe y reviendra. (Solenn Paulic)