La Commission européenne a présenté, vendredi 13 juin, l’évaluation des besoins d’investissement pour le développement du secteur nucléaire dans le huitième programme indicatif nucléaire (PINC) qui fera l’objet d’une publication finale d’ici la fin de l’année, après avoir reçu l'avis du Comité économique et social européen.
La communication de la Commission sera également examinée par les États membres lors du Conseil ‘Énergie’ du 16 juin (voir autre nouvelle).
Selon ce document, la mise en œuvre des plans des États membres en matière d'énergie nucléaire nécessitera des investissements d'environ 241 milliards d'euros jusqu'en 2050, tant pour la prolongation de la durée de vie des réacteurs existants que pour la construction de nouveaux réacteurs à grande échelle.
Des financements supplémentaires soutiendront les petits réacteurs modulaires (PRM), les réacteurs modulaires avancés (RAM), les microréacteurs et le développement de la fusion.
Selon un communiqué, la Commission estime que l’énergie nucléaire reste essentielle pour plusieurs pays de l'UE afin de parvenir à la décarbonation, à la sécurité énergétique et à la compétitivité industrielle.
Par ailleurs, la Commission considère qu’en 2040, plus de 90% de l'électricité de l'UE devrait provenir de sources décarbonées, « principalement des énergies renouvelables, complétées par l'énergie nucléaire ».
En se basant sur les Plans nationaux Énergie-Climat, la capacité nucléaire installée pour les réacteurs à grande échelle pourrait ainsi passer, selon un scénario de référence, de 98 GWe en 2025 à environ 109 GWe d'ici 2050 (à la fois l'exploitation à long terme de la flotte existante et la nouvelle construction).
En outre, les petits réacteurs modulaires (SMR) pourraient venir compléter ce scénario et fournir entre 17 et 53 GW supplémentaires de capacité installée.
« Il est donc important de maintenir la primauté industrielle de l'UE dans ce secteur. Ce programme indicatif nucléaire contribuera à orienter les actions des États membres vers des domaines prioritaires », a expliqué la Commission dans un communiqué.
Elle met également l’accent sur des normes élevées en matière de sûreté et de gestion des déchets radioactifs.
Elle souligne aussi l’importance d’une collaboration entre les autorités réglementaires nationales pour contribuer à accélérer l'octroi de licences, et la nécessité de collaborer au niveau international « avec des partenaires fiables » pour garantir un approvisionnement en carburant stable et diversifié et éviter les dépendances.
Pour voir la communication : https://aeur.eu/f/hbz (Pauline Denys)