Les maires de quinze grandes villes européennes, parmi lesquelles Amsterdam, Athènes, Barcelone, Lisbonne, Rome et Zagreb, préconisent d'activer la clause dérogatoire nationale du Pacte de stabilité et de croissance pour faire face à la crise du logement dans l'Union européenne, dans un plan d'action transmis à la Commission européenne jeudi 15 mai.
L'activation de cette clause, comme l'ont fait seize États membres pour faire face à l'accroissement des dépenses militaires, « devrait être possible pour les projets dans le secteur du logement », a considéré Roberto Gualtieri, maire de Rome.
Il a énuméré d'autres mesures préconisées par l'alliance des villes : - la mise en place d'un instrument pour le financement de projets immobiliers, y compris par l'octroi de « subventions » européennes ; - la réforme des règles européennes encadrant les aides d'État ; - la création d'un indicateur permettant de déterminer les zones urbaines sous tension ; - un suivi des politiques du logement dans les États membres par le biais du processus budgétaire 'Semestre européen' ; - l'obligation pour les plateformes de partager des données sur les locations de courte durée.
« Nous pensons que l'UE devrait créer un fonds qui permette de mobiliser environ 300 milliards d'euros chaque année », a déclaré le maire de Barcelone, Jaume Collboni. Selon lui, les quinze villes de l'alliance nécessitent à elles seules une enveloppe de « 80 milliards d'euros » pour combler le déficit identifié correspondant à la construction de 200 000 nouvelles unités de logement et la rénovation d'un million d'unités d'ici 2030.
M. Collboni a également relevé qu'en dix ans, dans les quinze villes formant l'alliance, les loyers avaient augmenté de 60% et les prix de l'immobilier de 78%.
Le commissaire européen au Logement, Dan Jørgensen, a considéré « inacceptable » le fait qu'en Europe, des travailleurs œuvrant pour le bien-être de leur cité ne soient pas en mesure de trouver un logement abordable. « Vous êtes en première ligne, vous connaissez les problèmes », a-t-il indiqué aux représentants des quinze villes, qui représentent « 18 millions de personnes », saluant leurs propositions.
Le commissaire a rappelé que la Commission était en train d'élaborer un plan européen pour le logement abordable, une consultation publique venant d'être ouverte récemment (EUROPE 13638/23). Une deuxième consultation sur des propositions précises aura lieu au deuxième semestre 2025, avant une présentation du plan début 2026.
La vice-présidente de la Commission, Teresa Ribera, a confirmé que la Commission allait présenter une réforme du cadre réglementaire des aides d'État. Comme M. Jørgensen, elle a assuré qu'elle étudierait avec attention les propositions formulées, mais ni l'un ni l'autre n'ont précisé lesquelles la Commission reprendra à son compte.
Voir les propositions des quinze villes : https://aeur.eu/f/guy (Mathieu Bion)