Vingt-quatre heures après les amendes infligées par la Commission européenne à Apple et Meta pour infraction au règlement sur les marchés numériques (DMA) (EUROPE 13626/2), les réactions restent relativement sobres.
Alors qu’une réponse musclée de Washington était attendue, l’administration américaine se fait inhabituellement discrète.
À Bruxelles, la décision de la Commission a été saluée, tant par des associations de consommateurs que des associations de développeurs. Le Conseil des éditeurs européens (EPC) la qualifie de « déclaration forte face à Apple », tandis que la Coalition for App Fairness se félicite de voir enfin le « comportement illégal et nuisible » de la firme être jugé par les réglementations européennes.
De l'autre côté de l'Atlantique, la critique est acerbe. La CCIA, qui représente les industries des technologies de l'information et des communications, dont les membres sont majoritairement américains, a reproché à la Commission l'application « opaque et discrétionnaire du DMA, manquant à la fois de prévisibilité et de proportionnalité ».
Dans une déclaration, Joel Kaplan, le responsable des affaires internationales de Meta, a déclaré que la Commission « tentait de handicaper les entreprises américaines prospères » tout en permettant aux entreprises chinoises et européennes d'opérer selon des normes différentes.
« Il ne s'agit pas seulement d'une amende », a-t-il déclaré. « La Commission, qui nous oblige à modifier notre modèle d'entreprise, impose de fait un tarif douanier de plusieurs milliards de dollars à Meta, tout en nous obligeant à offrir un service de qualité inférieure ».
Malgré le narratif américain qui, jusqu'à récemment, qualifiait la législation européenne d'attaque tarifaire déguisée contre les États-Unis (EUROPE 13577/12), peu de réactions ont à ce stade émané de l'administration 'Trump'.
Selon Reuters, mercredi dans la soirée, la Maison-Blanche a qualifié ces amendes de « nouvelle forme d'extorsion économique », que les États-Unis ne toléreront pas.
« Les réglementations extraterritoriales qui ciblent spécifiquement les entreprises américaines, étouffent l'innovation et permettent la censure seront considérées comme des obstacles au commerce et une menace directe pour la société civile libre », a rapporté l'agence de presse, citant un porte-parole du gouvernement.
Depuis la réélection de Donald Trump, Washington multiplie les mises en garde contre la législation européenne. En février, à Paris, le vice-président, J.D. Vance, dénonçait une volonté étrangère de « serrer la vis » face aux entreprises américaines, assurant que les États-Unis ne l'accepteraient pas. (Isalia Stieffatre)