Le vice-président américain, J.D. Vance, invité au Sommet pour l'action sur l'Intelligence artificielle, à Paris, a prononcé, mardi 11 février, un discours très orienté, vantant la supériorité technique des États-Unis dans le secteur de l'intelligence artificielle et mettant en garde l'UE et ses membres contre toute régulation jugée trop agressive contre les géants technologiques américains.
Sans surprise, le vice-président a livré un plaidoyer offensif en faveur d'un développement sans contraintes de l'IA et des nouvelles technologies pour « stimuler la productivité et la prospérité » et profiter de « toutes les possibilités » qu'elles représentent.
« Notre administration fera en sorte que l'IA américaine reste l'étalon-or et le partenaire de choix de tous ceux qui cherchent à se développer », a-t-il insisté, rappelant ensuite son opposition aux « biais idéologiques », à la « censure » et à la régulation excessive, qui « pourrait stopper net la croissance de l'IA au moment même où elle prend son essor ».
« Les États-Unis veulent des partenariats avec vous tous, mais, pour cela, il faut des régimes réglementaires qui encouragent la création de la technologie plutôt que des régions qui l'empêchent », a-t-il déclaré dans une attaque à peine voilée contre les législations européennes, particulièrement le règlement sur les services numériques (DSA) et l'AI Act.
« L'administration Trump est troublée par le fait que certains gouvernements étrangers semblent vouloir serrer la vis contre les grandes entreprises technologiques américaines. L'Amérique n'accepte pas et n'acceptera pas cela », a-t-il martelé, face à un parterre de spectateurs rassemblant le président français, Emmanuel Macron, et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
En réponse, cette dernière a annoncé, dans un discours suivant celui de M. Vance, un plan d'investissement de 200 milliards d'euros en Europe pour l'IA afin de capitaliser sur les points forts européens, déclarant que « la course à l'IA est loin d'être terminée » (voir autre nouvelle). (Isalia Stieffatre)