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Bulletin Quotidien Europe N° 13577
ACTION EXTÉRIEURE / États-unis

L’UE s’engage à répondre fermement aux tarifs douaniers « injustifiés » de Donald Trump

Les avis sont plutôt consensuels, parmi les dirigeants de l’Union européenne, sur la conduite à tenir dans les relations avec les États-Unis. « Les tarifs douaniers injustifiés imposés à l’UE ne resteront pas sans réponse – ils vont déclencher des contre-mesures fermes et proportionnées », a assuré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, mardi 11 février.

Quelques heures plus tôt, le Président américain, Donald Trump, avait imposé un tarif unique de 25% sur toutes les importations d’acier et d’aluminium à compter du 12 mars. Cette mesure affecte donc l’UE, qui avait jusqu’ici un accord temporaire avec Washington.

Mme von der Leyen a immédiatement reçu le soutien du président du Conseil européen, António Costa, qui a misé sur l’unité des Vingt-sept « pour défendre les intérêts des entreprises, travailleurs et citoyens ».

Le chancelier allemand, Olaf Scholz, a estimé lui aussi que l’UE doit réagir ensemble. Celui-ci a espéré que des négociations seront possibles, afin que les États-Unis n’empruntent pas la voie « aberrante des tarifs ».

Réunions de crise. La présidente de la Commission européenne s'est entretenue, mardi 11 février, avec le vice-président américain, J.D. Vance, à Paris, notamment sur ce sujet (voir autre nouvelle).

Les États membres, inquiets des répercussions sur l’économie européenne, ont décidé de se réunir de manière extraordinaire, en vidéoconférence., au niveau des ministres du Commerce, dès mercredi 12 février.

À moins de trouver une solution à l’amiable avec l’administration 'Trump', l’UE devrait imposer des contre-mesures qui pourraient être de plusieurs natures. Elle pourrait remettre en place ses tarifs punitifs sur des produits stratégiques américains, qui sont suspendus jusque fin mars. La Commission refuse, jusqu'ici, de commenter cette eventualité.

Dégainer l’outil ‘anti-coercition’. L'UE pourrait également faire usage de son nouvel outil ‘anti-coercition’, jamais utilisé à ce jour. Celui-ci permet à l’Union de répliquer lorsqu’un pays tiers exerce une coercition économique pour l’obliger à changer de politique. Plusieurs acteurs des institutions européennes estiment que le président américain utilise les tarifs pour faire céder l’UE sur ses décisions qui restreignent les activités de certains géants du secteur numérique américains.

Au Parlement européen, mardi 11 février, plusieurs eurodéputés ont évoqué l'usage de l’outil anti-coercition pour frapper les États-Unis avec des mesures restrictives. « Rien ne doit être mis de côté. Tout doit être envisagé », a martelé Marie-Pierre Vedrenne (Renew Europe, française).

De son côté, le groupe PPE se montre désormais ouvert à répondre par la force. « L’UE doit répondre aux tarifs de manière proportionnée et compatible avec l’Organisation mondiale du commerce. Nous avons des mesures de défense commerciale très bien calibrées, qui sont prêtes à être utilisées », a affirmé Jörgen Warborn (PPE, suédois).

Il devient clair, pour la plupart des groupes politiques du PE, que le président américain n’entendra que le rapport de force. « On n’arrête pas une brute (‘bully’) en lui donnant ce qu’elle veut. Autrement, elle vous brutalise davantage », a expliqué la Belge Kathleen van Brempt (S&D).

Si une grande partie des groupes s'accordent sur le fait que les tarifs ne profitent à personne, les membres des groupes CRE et PfE, admirateurs de la méthode 'Trump', ont des propos plus nuancés. Pour eux, le Président américain défend les intérêts de son pays de manière légitime, et l'UE devrait veiller à protéger ses entreprises en cessant de leur imposer des règles avant tout.

Les acteurs économiques inquiets. Le représentant européen des producteurs d'acier, Eurofer, a vivement réagi aux hausses de droits de douane américains : « Si toutes les exemptions et les contingents tarifaires sont maintenant supprimés, l'UE pourrait perdre jusqu'à 3,7 millions de tonnes d'acier en exportations vers les États-Unis ». Selon Eurofer, ces mesures risquent de rediriger les flux commerciaux, par exemple en augmentant les exportations d'acier chinois vers l'UE. L'organisation réclame d'urgence la révision de la mesure de sauvegarde européenne, qu'elle estime n'être plus suffisamment efficace.

La Chambre de commerce américaine auprès de l'UE (AmCham EU) a également fait part de ses inquiétudes et rappelé que l'UE n'était pas une menace à la sécurité nationale américaine.

« Nous devrions construire, et non pas détruire les ponts économiques », a affirmé, de son côté, le président d'Eurochambres, Vladimír Dlouhý.

Quant à la Confédération européenne des syndicats (ETUC), elle a réclamé des actions de l'Union, prises en concertation avec les syndicats, « qui protègent les emploi, les revenus, et évitent une escalade de la situation ». (Léa Marchal)

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