Lors d’une conférence de presse qui s’est tenue mardi 11 février au Parlement européen, à Strasbourg, le président de la sous-commission des droits de l’homme (DROI), Mounir Satouri (Verts/ALE, français), a exhorté l’Union européenne à prendre des mesures concrètes pour protéger la Cour pénale internationale (CPI) contre les sanctions imposées par l’administration 'Trump' (EUROPE 13575/9).
Et pour cause, le président américain, Donald Trump, a publié le 6 février dernier un décret interdisant notamment l’entrée aux États-Unis des fonctionnaires, employés et agents de la CPI et de leurs familles.
Mounir Satouri a estimé que ces sanctions menacent l’existence même de la Cour et dénotent une justice internationale à géométrie variable : encensée, « applaudie des deux mains » pour sanctionner la Russie, elle est entravée quand elle cible d’autres dirigeants, comme « le Premier ministre israélien ».
Il a rappelé que l’UE avait activé par le passé, en 2018, la loi de blocage (ou 'Blocking statute'), pour protéger ses entreprises des sanctions américaines contre l’Iran (EUROPE 12858/11).
Il demande aujourd’hui son activation pour défendre la CPI, estimant que l’enjeu est encore plus fondamental : « Ce qui est en jeu est plus important à mes yeux. Ce qui est en jeu, c’est le droit international, les valeurs de l’Union européenne et la place de la justice internationale dans l’équilibre du monde ».
Il s’agit, pour Mounir Satouri, d’appeler la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à rappeler aux États membres leur engagement envers la CPI, pour que l’UE agisse rapidement afin de garantir son indépendance et son bon fonctionnement. (Nithya Paquiry)