Le Sommet pour l'action sur l'intelligence artificielle s'est officiellement clôturé mardi 11 février en début d'après-midi, après plusieurs jours de discussions autour des possibilités découlant de l'IA.
Une centaine de pays, dont la Chine, la France et l'Inde (les deux co-organisateurs de l'événement) ainsi que l'Union européenne se sont prononcés pour une coordination renforcée de la gouvernance de l'IA nécessitant un « dialogue mondial » et ont appelé à éviter une « concentration du marché » afin que cette technologie soit plus accessible.
Dans une déclaration commune, les signataires s'engagent à œuvrer pour une IA « ouverte », « inclusive » et « éthique », axée sur les droits de l’Homme et sur l’humain et dont le développement aurait une « incidence positive » sur le marché du travail et la croissance durable (EUROPE 13576/4).
La création d'un observatoire de l'impact énergétique de l'intelligence artificielle, piloté par l'Agence internationale de l'énergie, a également été officialisée, tout comme une coalition pour une IA durable qui entend réunir les entreprises leaders dans le secteur (EUROPE 13576/5).
Une déclaration mondiale fragilisée par l’absence des États-Unis et du Royaume-Uni. Deux pays, et pas des moindres, manquent cependant à l'appel. Washington et Londres ne figurent pas parmi les pays signataires de la déclaration.
Le gouvernement britannique a mis en avant « l'intérêt national » pour expliquer son refus. À la mi-janvier, le Premier ministre britannique, Keir Starmer, avait déclaré que son pays allait « suivre [sa] propre voie : tester et comprendre l'IA avant de la réglementer afin de nous assurer que, lorsque nous le ferons, ce sera de manière proportionnée et sur la base de données scientifiques ».
Les États-Unis n'ont pas donné de raison officielle pour justifier leur absence de la liste des signataires.
Mais le vice-président, J.D. Vance, présent lors du sommet, a livré un discours offensif, plaçant son pays comme leader mondial de l'IA et mettant en garde ceux qui voudraient mettre en place des restrictions jugées excessives contre les industries américaines (voir autre nouvelle).
Pour le Premier ministre indien, Narendra Modi, qui coprésidait le sommet et qui accueillera le prochain, le défi est de ne pas laisser « le sud global » à la traîne d'une révolution technologique.
« Nous avons besoin de continuer à faire avancer une gouvernance internationale de l'intelligence artificielle », a-t-il insisté. « C'est elle qui va nous permettre de consolider les éléments de confiance vis-à-vis de l’IA, et qui va nous permettre d’en poser les règles, car nous avons besoin de ces règles pour qu'elle avance ».
Emmanuel Macron, le Président français, a plaidé pour un « cadre de confiance » qui garantisse le « respect de la vie privée », de la « créativité », et « évite une utilisation de l’intelligence artificielle pour le contrôle de masse ».
Quant à la Commission européenne, représentée par sa Présidente, Ursula von der Leyen, elle a annoncé le lancement d'une initiative à hauteur de 200 milliards d'euros pour l'IA en Europe (voir autre nouvelle).
« Les frontières bougent constamment. Et le leadership mondial est toujours à saisir », a-t-elle estimé.
Voir la déclaration du sommet : https://aeur.eu/f/fg0 (Isalia Stieffatre)