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Bulletin Quotidien Europe N° 13576
POLITIQUES SECTORIELLES / NumÉrique

Au Sommet de Paris sur l'IA, la France appelle l'UE à « simplifier les procédures » pour « tenir ses engagements »

Face aux géants chinois et américains, l'UE espère trouver sa place dans la grande bataille de l'intelligence artificielle. Lundi 10 et mardi 11 février se tient à Paris le grand Sommet pour l'action sur l'intelligence artificielle, qui rassemble plusieurs dizaines de chefs d'État et de gouvernement ainsi qu'une myriade d'acteurs du secteur technologique et industriel.

Cet événement, d’une rare ampleur, est coprésidé avec l’Inde. Ainsi, le Premier ministre indien, Narendra Modi, est à Paris pour l’occasion, ainsi que le vice-président des États-Unis, J.D. Vance, le vice-premier ministre chinois, Zhang Guoqing, et le secrétaire général des Nations unies, António Guterres.

Le chancelier allemand, Olaf Scholz, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, la vice-présidente de la Commission en charge de la Souveraineté technologique, Henna Virkkunen, et le vice-président exécutif chargé de la Prospérité et de la Stratégie industrielle, Stéphane Séjourné, sont également présents.

Le Sommet a pour objectif d'encourager le développement d'une IA de confiance « au service de l'intérêt général » et de souligner les possibilités qu'offre le développement de la technologie. En accord avec les valeurs européennes (EUROPE 13570/10) et à rebours de ce qu'avait été le grand thème du Sommet de Londres en 2023 : les risques liés à l'IA.

La journée de lundi a vu l'intervention de nombreux acteurs autour d'une vingtaine de tables rondes et ateliers. La commissaire européenne Henna Virkkunen a elle-même participé à une discussion intitulée 'Construire une IA de confiance : des engagements volontaires à des codes de bonnes pratiques collectives' (EUROPE 13524/11).

Un défilé d'annonces et d'engagements. En amont de l'ouverture du Sommet, la France avait annoncé 109 milliards d'euros d'investissements dans le pays, notamment pour l'installation de data centers, indispensables au développement des IA génératives (EUROPE 13563/11).

Soixante grandes entreprises ont également annoncé la création d'une alliance pour faire de l'UE un « leader mondial » de l'IA (EUROPE 13576/5).

« Nous avons besoin de plus d'Europe et il nous faut offrir un plus grand marché domestique à nos start-up », a déclaré le président français, Emmanuel Macron, en fin de journée, pour son discours de clôture.

Il a souligné « les atouts clefs » européens, « les avantages compétitifs dont il faut profiter ». Il a également rappelé « la nécessité de simplifier », au diapason du « reste du monde », en termes « d'octroi de permis, d'autorisations, d'essais cliniques »...

« Notre principal problème est une question de timing : nous annonçons des stratégies, mais nous sommes trop lents », a-t-il insisté. « Nous allons adopter la stratégie que [la France a] adoptée pour la reconstruction de Notre-Dame de Paris : simplifier les procédures et tenir nos engagements », s'est-il enthousiasmé.

Une déclaration qui peine à convaincre. Mardi matin, les chefs d'État et de gouvernement ainsi que plusieurs personnalités internationales seront rassemblés pour une session plénière au Grand Palais, qui doit déboucher sur une déclaration commune intitulée 'Déclaration sur l'intelligence artificielle inclusive et durable pour les personnes et la planète', et dont Agence Europe a pu se procurer une version préparatoire datée du 31 janvier.

La déclaration mentionne les trois grands principes qui encadrent les résolutions et actions engagées lors du Sommet : « la science, les solutions - axées sur des modèles d'IA ouverts, conformes aux cadres nationaux - et les normes politiques, conformément aux cadres internationaux ».

Les signataires s'engagent à promouvoir une « approche ouverte, multipartite et inclusive qui permettra à l'IA d'être fondée sur les droits de l'homme, éthique, sûre, sécurisée et digne de confiance ».

Mais, au grand dam de plusieurs experts du secteur, le document ne fait pas mention des risques liés à l'IA, et échoue à prendre en compte les acquis des précédents sommets.

Selon plusieurs sources, les États-Unis et le Royaume-Uni n'auraient, à ce stade, pas manifesté l'intention de faire partie des signataires.

La déclaration annonce également le lancement d'une 'Plateforme et incubateur d'IA d'intérêt public' et reconnaît la nécessité de prendre en compte la question des droits humains. (Isalia Stieffatre)

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