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Bulletin Quotidien Europe N° 13576
Sommaire Publication complète Par article 16 / 28
DROITS FONDAMENTAUX - SOCIÉTÉ / Droits des femmes

L’Institut européen pour l’égalité de genre plaide pour un référentiel commun de mesure de la cyberviolence au sein de l'Union européenne

L’Institut européen pour l’égalité de genre (EIGE) a publié, vendredi 7 février, un rapport détaillant un cadre de mesure européen visant à évaluer et lutter contre la cyberviolence à l’égard des femmes et des filles.

Il s'agit d'un document méthodologique issu d'une étude menée entre mars 2023 et avril 2024 au sein des États membres pour harmoniser la collecte de données et permettre aux États membres de mieux répondre aux exigences de la directive entrée en vigueur au printemps 2024, qui impose un suivi des violences numériques.

Ainsi, selon l’Agence des droits fondamentaux de l’UE (FRA), 53% des contenus publiés sur les réseaux sociaux contiennent des discours haineux dont les femmes sont, dans la plupart des pays, les principales cibles.

Le développement exponentiel des technologies numériques, telles que l’intelligence artificielle et la réalité augmentée, renforce cette situation en raison d'une manipulation d’images et de la diffusion de contenus non consensuels. La cyberviolence prend différentes formes : le cyberharcèlement, l’incitation à la haine ou encore la diffusion non autorisée d’images intimes.

L'EIGE estime qu'il faut répondre par un cadre de mesure précis qui évaluerait son ampleur et adapterait les politiques publiques en conséquence.

Le rapport propose ainsi une méthodologie basée sur trois indicateurs : la prévalence (nombre total de cas), l’incidence (nouveaux cas signalés) et les signalements aux autorités.

Par ailleurs, l’étude note qu’aucun pays de l’UE ne dispose encore d’un mécanisme de suivi exhaustif, en dehors des bases de données policières, ce qui sous-estime probablement l’ampleur de la cyberviolence. En outre, les définitions juridiques varient selon les pays, rendant encore plus difficile une réponse coordonnée à l’échelle européenne.

L’EIGE plaide donc pour une action coordonnée et appelle les États membres à adopter des définitions claires et partagées des différentes formes de cyberviolence.

Ce cadre de mesure permettra non seulement d’améliorer la collecte de données, mais aussi de renforcer les réponses judiciaires et les politiques de prévention en offrant aux décideurs politiques une vision plus précise du phénomène.

Le rapport : https://aeur.eu/f/fff  (Nithya Paquiry)

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