Le président du Parlement ukrainien - la Verkhovna Rada -, Ruslan Stefanchuk, a expliqué, mardi 11 février, que la paix dans son pays ne pourrait être obtenue que par la force, appelant les Européens à poursuivre leur soutien à l’Ukraine, à quelques jours du troisième anniversaire du début de l'agression russe.
« La paix ne peut être obtenue que par la force, de notre unité et détermination, d’une pression consolidée sur l’agresseur », a-t-il expliqué lors d’une allocution en session plénière du Parlement européen à Strasbourg. « Établir la paix par la force est le seul moyen de mettre fin à la tyrannie du monde », a-t-il insisté, attendant de bonnes nouvelles de Strasbourg, Bruxelles, Washington, Londres, Paris ou Berlin, montrant que les Ukrainiens ne sont pas seuls, « que la guerre est sur le point de terminer, car nous avons la force, la justice et la démocratie européenne et mondiale derrière nous ». « Ni nous ni vous n’avons la possibilité de manquer à cet engagement », a lancé M. Stefanchuk aux eurodéputés.
Selon lui, le seul moyen d’arrêter l’agressivité de la Russie est « de parvenir à une paix juste et durable, de soutenir l’Ukraine avec une telle force que l’agresseur s’enlisera sur le sol ukrainien, dans les sanctions internationales et dans ses propres problèmes internes ».
Le président de la Verkhovna Rada a donc une nouvelle fois plaidé pour un soutien militaire et davantage de « sanctions efficaces » et plus de détermination dans la confiscation des avoirs gelés.
Le Parlement européen réitère son soutien à l'Ukraine. Quelques minutes plus tôt, lors d’un débat, et dans une déclaration des présidents de groupes politiques au PE, les eurodéputés ont appelé à intensifier le soutien de l’UE à l’Ukraine, notamment militaire.
Dans sa déclaration, la Conférence des présidents a également réaffirmé l’engagement de l’UE en faveur d’un soutien financier et économique durable et à long terme et de mesures visant à garantir la résilience de l’économie ukrainienne et des infrastructures essentielles.
Depuis le début du conflit, l’UE et ses États membres ont soutenu l’Ukraine à hauteur de 134 milliards d’euros. « L’Europe doit faire davantage, davantage de soutien financier, d’aide militaire, de pression diplomatique, d’assistance humanitaire. La défense de l’Ukraine, c’est aussi la défense de l’Europe », a souligné la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola.
« L'Ukraine n'est pas seule. Notre devoir est de nous tenir aux côtés de l’Ukraine aujourd'hui, mais aussi, sur le long chemin, de la défendre et de la reconstruire », a souligné Adam Bielan (CRE, polonais). « Il est important que l’UE fasse plus, on peut faire plus. Il doit transparaître à (Vladimir) Poutine qu’il ne peut pas emporter la guerre », a ajouté Villy Søvndal (Verts/ALE, danois).
À l’inverse, tout en soulignant que l’intégrité territoriale de l’Ukraine devait être respectée, Csaba Dömötör (PfE, hongrois) a expliqué que les Européens ne devaient pas payer le prix de la guerre.
La conférence des présidents a en outre appelé à la mise en œuvre intégrale et à une « extension significative » des sanctions et à la reddition des comptes des responsables de l’agression et des violations des droits de l’homme. Elle a aussi demandé l'établissement d'un régime juridique permettant la confiscation des avoirs russes gelés par l’UE. « On doit appliquer le principe du pollueur-payeur et, pour ce faire, il faut confisquer les actifs russes à l’étranger, car les Ukrainiens devront reconstruire leurs infrastructures et protéger leurs frontières », a estimé Yannis Maniatis (S&D, grec), lors du débat.
Alors que le président américain, Donald Trump, pourrait pousser à des négociations, l’UE doit « participer au cessez-le-feu ou aux négociations de paix à venir, leurs résultats détermineront la sécurité à long terme de l’Ukraine », a souligné Petras Auštrevičius (Renew Europe, lituanien).
Lors du débat, Michael Gahler (PPE, allemand) a rappelé que « rien ne doit être discuté sur l’Ukraine sans les Ukrainiens et rien décidé sur l'Europe sans les Européens ». « On sera prêts à assumer la responsabilité quand il s’agira d'assurer la juste sécurité de l’Ukraine et de préparer l’adhésion à l’UE et l’OTAN », a ajouté l’eurodéputé.
Mais pour Danielo Della Valle (La Gauche, italien), au lieu de « prendre en main une solution diplomatique », les Européens ont préféré fournir des équipements militaires à l’Ukraine. « On n’a pas mené la médiation, aujourd’hui les États-Unis sont à l’initiative, on risque d’être les tristes spectateurs de cette négociation », a-t-il regretté.
De même, pour Petras Gražulis (ESN, lituanien), « les États-Unis font des promesses de mettre fin à la guerre, c’est une humiliation, ce sont (les Européens) qui auraient dû résoudre la situation. Cela aurait vraiment permis d’aider l’Ukraine ».
Voir la déclaration des présidents : https://aeur.eu/f/ffv (Camille-Cerise Gessant)